Largement répandue par le passé, la consigne a quasiment disparu en France dans les années 1980. Réduction des déchets et projet de loi anti-gaspillage obligent, elle revient aujourd’hui sur le devant de la scène, sous l’impulsion de consommateurs, distributeurs et associations engagés. Le principe ? « Un emballage consigné est un emballage pour lequel l’acheteur verse une somme d’argent [la caution] qui lui est rendue lorsqu’il retourne l’emballage », précise l’Ademe. Illustration chez Jean Bouteille. Née en 2014 à Lille (59), la startup se définit comme « un apporteur de solutions zéro déchets et compte déjà près 700 magasins partenaires, dont une boulangerie et des épiceries vrac », note sa responsable marketing, Manon Carpentier.

Son offre ? Des fontaines à liquides et plusieurs formats de (Jean) bouteilles (50, 75 et 100 cl), consignées et réutilisables à volonté.

Effet de fidélisation

Charge aux clients de laver eux-mêmes leur contenant ou de le « déconsigner » en magasin, en sachant que la start-up collecte les bouteilles sales par lot de 100 pour lavage. Ce qui nécessite un espace pour stockage. « On se débrouille ! » révèle Anne Locmant, cofondatrice du petit (35 m2) fournil bio-épicerie vrac-galerie d’art « Ceci n’est pas une boulangerie », à Croix (59). Et d’ajouter : « La consigne génère de l’organisation et de la manutention, mais c’est un choix éco-responsable. » Côté alimentaire, la boutique propose de l’eau minérale, des jus de fruits et des bières en bouteilles consignées. Sur le même principe, elle distribue également du kéfir (boisson fermentée) et des confitures artisanales dans des bocaux consignés. « Les clients doivent préciser leur adresse email sur l’étiquette en restituant leur contenant rincé et au bout de dix retours, ils reçoivent un message avec une récompense à la clef », indique Anne Locmant. Souvent associée à une idée de « caution », la consigne peut prendre la forme d’une gratification en bons de réduction ou d’achat, « à effet de fidélisation », souligne Alice Abbat, chargée de mission au sein du Réseau Consigne qui fédère de nombreux acteurs du secteur du réemploi, riche en expérimentations, à l’échelle nationale.

Après les bouteilles (prix de vente conseillé 2 €, déconsigné 1 €), Jean Bouteille se lance dans les bocaux.

Bocaux pour les tartinables

Développement de boîte repas pour la vente à emporter (Reconcil), de bacs alimentaires pour le transport de marchandises, de bocaux pour les tartinables (Jean Bouteille) ou les crèmes… Les projets ne manquent pas en matière d’emballage consigné, la réutilisation étant écologiquement plus vertueuse que le recyclage. Reste à « recréer les écosystèmes propices à son essor, comme les laveries, à proximité des lieux de consommation », observe Alice Abbat. Quant aux consommateurs, ils sont de plus en plus sensibilisés à la problématique des emballages jetables et à 88% déjà convaincus de l’utilité de la consigne, selon une récente étude de l’Ademe. Pour finir de les convertir à la pratique, il suffit d’un peu de pédagogie et de communication en magasin.

Barbara Guicheteau