En novembre 2018, Whole Foods prédisait pour 2019 une déferlante de produits fermentés et d’ingrédients violets… Discutable a posteriori ! La chaîne d’hypermarchés bio américaine n’a pas encore sorti sa boule de cristal pour 2020, mais nous avons tout de même eu envie de savoir à quelle sauce nous serions mangés à partir de janvier. Résultat, pas de big bang, mais beaucoup de valeurs qui vous sont plutôt favorables. Voyez plutôt.

Idée n°1 : le vrai

Premier constat, il faudra, en 2020 plus que jamais, travailler sur la confiance. « 80 % des Français pensent qu’ils courent un risque pour leur santé quand ils mangent », indiquait Pascale Hébel, directrice du pôle Consommation et entreprises au Credoc, lors d’une récente conférence organisée par Grands Moulins de Paris. « Nous vivons une période de mutation profonde, qui conduit à l’anxiété, au pessimisme et à la défiance pour tout ce qui est gros et abstrait, dont les grands distributeurs et les transformateurs agroalimentaires », complétait Philippe Moati, professeur d’économie à l’Université Paris-Diderot. Dans ce contexte, le boulanger (l’homme ou la femme) a quelque chose de rassurant : on peut le rencontrer, l’interroger. Raison de plus pour vous montrer en boutique et mettre en scène votre travail !

Partagés entre gourmandise et rythme de vie effrené, les consommateurs arrivent chez vous avec l’envie de s’échapper.

Idée n°2 : l’expérience

Dans ce monde où tout va très vite, surtout les gens, le passage à la boulangerie ou à la pâtisserie est une promesse de pause, de plaisir, de soin de soi. « Les consommateurs recherchent un moment privilégié, qui leur permette de se déconnecter de la réalité », affirme Ingrid Salmson, category manager pour Dawn Foods. La nourriture, devenue loisir à part entière, est d’autant mieux perçue qu’elle est « instagramable » (suffisamment esthétique pour être prise en photo et partagée avec ses proches ou son réseau social). L’alimentation est aussi une manière de se définir, quitte à renoncer à certains ingrédients, en témoigne l’explosion des régimes « sans ». De la nouveauté ? Les consommateurs en attendent, sans se départir de leur frilosité : « Il faut compter 80 % de familier pour 20 % de surprenant », ajoute Ingrid Salmson. Les classiques réinventés ont encore de beaux jours devant eux !

Idée n°3 : de l’engagement

Vous l’aurez remarqué : la question écologique a pris une ampleur considérable ces derniers mois. « Il y a deux ans, les peurs étaient concentrées sur les pesticides et les colorants. Aujourd’hui, le plastique est au cœur des préoccupations », note Pascale Hébel. « La naturalité engagée est une tendance de fond, estime Marie-Aude Lebrun, responsable marketing de Grands Moulins de Paris. Les consommateurs attendent de la transparence, du sens. Ils s’intéressent autant aux provenances des produits, à leurs conditions de fabrication qu’au bien-être animal et à l’emballage. Et 94 % des Français trouvent qu’il est important de lutter contre le gaspillage alimentaire. » L’éthique revisite tout. Et vous ?

Montrer les coulisses, pour prouver votre sincérité, n’a jamais été d’autant d’actualité.

Idée n°4 : des services

Les précédentes tendances pourraient laisser penser à un ralentissement : on parle de prendre le temps, de profiter, de prendre soin… Mais la réalité rattrape vite les individus, pris entre leurs envies et leurs obligations. Pour pouvoir satisfaire les deux, ils n’ont jamais autant compté sur vous. « Amazon réapprovisionne déjà automatiquement les ménages pour certains produits du quotidien, cette approche servicielle fait désormais aussi partie de l’expérience positive », estime Philippe Moati. Après les sandwichs pour déjeuner en un éclair, le petit-déjeuner apporté au lit, bientôt l’abonnement annuel à la baguette du soir ? Les horaires élargis, les facilités de stationnement, les distributeurs automatiques, le click & collect et la livraison apparaissent comme des prestations capables de faire la différence. Une tendance qui encourage à pousser la réflexion bien au-delà du pain !

Cécile Rudloff