Artisanale, solidaire et durable, la boulangerie parisienne Farinez-vous employait déjà des salariés en contrat d’insertion (jusqu’à vingt-quatre mois). Le but : « Permettre à des personnes en reconversion d’acquérir de l’expérience dans les métiers de la boulangerie, en vente comme en production, avec l’idée de favoriser leur insertion professionnelle par la suite et pallier au passage les problèmes de recrutement dans la profession », rappelle Julie Chartres, directrice opérationnelle de cette boulangerie atypique qui compte désormais deux magasins à Paris (12e et 13e arrondissement).

Le savoir-être et le savoir-faire

Fidèle aux principes de l’économie sociale et solidaire, prônés dès le départ par la fondatrice Domitille Flichy, Farinez-vous a décidé d’aller encore plus loin dans la démarche en ouvrant une école inclusive de boulangerie, destinée à des personnes peu qualifiées (niveau infra 3e), souvent éloignées de l’emploi. Au programme : une formation professionnalisante de quatre mois en alternance visant à intégrer les codes et les rudiments, pratiques et théoriques, du métier, soit un mélange de savoir-être et de savoir-faire. Le projet bénéficie du soutien du syndicat de la boulangerie, qui accueille ponctuellement l’école dans ses locaux (en attendant que celle-ci trouve un espace dédié), des Moulins Bourgeois (fournisseur de Farinez-vous) et de plusieurs chefs d’entreprises parisiens, en quête de personnels polyvalents et autonomes sur des postes d’aide-boulanger et d’aide-tourier.

Capacité d’adaptation

Réduite pour cause de crise sanitaire, la première promotion de cinq hommes et une femme (sur 50 candidatures) a fait sa rentrée le 4 janvier. Quelques jours plus tard, les stagiaires étaient déjà à la manœuvre dans les fournils de Farinez-vous. Objectif de la matinée : apprendre à fabriquer des baguettes en utilisant façonneuse et diviseuse. « On essaye de leur montrer différentes manières de faire et plusieurs types de matériels pour optimiser leur capacité d’adaptation en entreprise », précise Julie Chartres. La boulangerie espère ainsi accompagner 15 à 20 personnes par an et élargir rapidement sa carte de formations aux postes de vente et de préparation salée, également en tension. Un projet vertueux au bénéfice des (futurs) salariés comme des chefs d’entreprise.

Barbara Guicheteau