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Mieux vendre

Handicap en boutique

Et si c'était un atout ?

Publié le mardi 08 février 2011 - 11h34

Vendeuse handicapée, en boulangerie (Photo : Latoque.fr)

Engager une personne battante, qui a à cœur de bien faire son travail, donne une bonne image de votre entreprise. Et si cette employée est handicapée, ce n’est pas forcément un problème.

Une personne handicapée derrière le comptoir ?

… L’idée, de prime abord, peut paraître difficile à réaliser. Les premières images qui viennent à l’esprit (le fauteuil roulant, notamment) incitent à se défausser. Pourtant, toutes les statistiques et les témoignages montrent qu’une entreprise a tout à gagner à essayer. La preuve par cinq bonnes raisons.

Les handicaps sont très variés

« Pour 85 % des travailleurs handicapés, le handicap n’est pas visible, affirme Hélène Bernardini, chargée du pôle "média" d’Hanploi (*). Et nombre d’entre eux sont compatibles avec un travail de vente. »

Diabète, épilepsie, insuffisance cardiaque… sont des maladies reconnues comme des handicaps, mais elles n’empêchent pas leurs porteurs de bien vendre des petits pains.

 

Personne malentendante. (Photo : Latoque.fr)La technologie et quelques adaptations du poste
peuvent suffire pour pallier
les faiblesses d'un salarié
.

 

Les aides à la formation sont élargies

Les travailleurs handicapés bénéficient d’aides supplémentaires à la formation professionnelle. Par exemple, ils sont éligibles au contrat d’apprentissage sans condition d’âge.

En clair, même si le candidat dont le profil vous intéresse n'a pas toutes les compétences requises, il pourra suivre les stages nécessaires pour être au top dans son poste.

 

La motivation, généralement décuplée

« Les personnes handicapées, qui ont souvent eu du mal à trouver un emploi, se révèlent des travailleurs impliqués, efficaces, qui ont à cœur de bien faire », déclare François Atger, directeur de la communication de l’Agefiph (*).

Une preuve ? 65 % des entreprises créées par des personnes handicapées sont toujours en activité trois ans après leur lancement, contre 49 % pour l’ensemble des créations (source : Agefiph). Un indice certain de leur degré d’implication !

 

La maturité, renforcée par les épreuves traversées

« Le parcours des travailleurs handicapés sort de l’ordinaire, explique Claude Michaud, adjoint de direction à l’Adapt (*). Qu’elles vivent avec leur handicap depuis toujours ou qu’elles aient eu à composer avec, ces épreuves leur permettent de bien se connaître. Une fois que ces personnes ont trouvé leur voie, elles font preuve d’une grande détermination. »

 

Une influence positive sur l’équipe

Le travailleur handicapé étant rodé aux « gros pépins », il est moins sensible aux « petits bobos » de la vie. Une influence positive qui rejaillit sur les autres salariés.

Pour Eric Noirot, responsable d’un restaurant Sodexho à Paris, qui a déjà recruté un jeune autiste à la vente, les bénéfices sont évidents.

« Intégrer une personne à l’équipe et lui permettre d’évoluer devient un but commun et une satisfaction collective, quand cela fonctionne. »

Au final, tous les témoins sont formels : on n’accueille pas dans son entreprise une personne handicapée pour accomplir une B.A. ou par intérêt financier (1.600 € de prime à l’embauche, voir sur le site de l’Agefiph).

Un tel recrutement est riche, pour le patron (qui peut s’appuyer sur un salarié motivé), pour l’équipe (qui a l’occasion de découvrir que ses petits soucis ne sont pas si graves) et pour la clientèle, sensible aux initiatives solidaires…

Si l’occasion se présente pour vous, ou si vous êtes prêts à la provoquer, n’hésitez plus ! 

_____

(*) Ces structures qui peuvent vous aider :

- www.hanploi.com,

www.agefiph.fr,

www.ladapt.net.

  

Barbara et David témoignent

Barbara Singery. (Photo : Latoque.fr)David Fontanié. (Photo : Latoque.fr)Barbara Singery (à gauche), 33 ans, souffre de la maladie de Berger, qui affecte les reins. David Fontanié (à droite) vend du pain à Marmande. Pendant trois ans, ils ont travaillé ensemble. Regards croisés sur leur expérience.

 

David : « Dès l’entretien, Barbara m’a expliqué qu’elle était sous dialyse, mais que ça n’affecterait en rien son travail de vendeuse préparatrice. J’ai apprécié son honnêteté et choisi de la recruter pour sa motivation et son énergie. »

Barbara : « J’avais quelques contraintes médicales, mais j’étais autonome. Nous avons adapté mon planning pour mes rendez-vous médicaux. »

David : « Au quotidien, Barbara ne nous a jamais fait sentir son handicap. Au contraire, elle était très dynamique, organisée, pleine d’initiatives. »

Barbara : « Huit mois après mon embauche, j’ai été appelée pour la greffe. Mon patron m’a remplacée au pied levé et s’est arrangé pendant mon absence de deux mois. »

David : « Quand Barbara a été greffée, toute l’équipe s’est serré les coudes pour la remplacer, car elle avait réussi à installer une belle cohésion entre les salariés. »

 

par Cécile Rudloff

(publié le 8 février 2011)

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