Label Rouge (LR), Agriculture biologique (AB), Appellation d'Origine Contrôlée (AOC)… les signes de qualité couronnent des produits définis comme supérieurs selon le critère retenu : le goût, la sécurité alimentaire, l'origine, le caractère durable, écologique ou équitable… À ce titre, ils ont a priori toute leur place en artisanat. Sauf que, victimes de leur succès, les distinctions en tous genres prolifèrent et prospèrent en particulier sur la vague verte et durable. Résultat : les labels officiels ont tendance à perdre en visibilité (c'est le cas des labels européens) et leur image peut être injustement assimilée à la grande distribution.

Le sel de Guérande bénéficie d'une IGP depuis 2012. Les levures « Origine FranceGarantie » (Lesaffre) permettent l'allégation« pain élaboré à partir de matièrespremières produites en France ».

Gage de confiance Même si nous attachons une grande importance aux labels (voir tableau des statistiques page suivante) et si certains logos franco-français sont aujourd'hui bien imprimés dans nos têtes, peu de gens connaissent réellement les exigences qui se cachent derrière. Le label n'informe plus vraiment, mais il rassure. Voilà pourquoi il est devenu un outil marketing puissant. Certains signes sont d'ailleurs à ranger plutôt du côté des marques ou distinctions commerciales, déposées et gérées par des sociétés privées. C'est le cas par exemple des Saveurs de l'Année (Monadia) que certains meuniers et fabricants d'ingrédients proposent aux artisans sur des produits tels que les baguettes premium de Festival des Pains (Festive et Belle Ambrée) ou les pains spéciaux Waldkorn de CSM (Classic et Céréales Anciennes), qui arboreront de nouveau le logo rouge et jaune en 2014. « Notre ambition était de positionner ces pains relativement typés comme des produits de haute qualité, universels et susceptibles de plaire au plus grand nombre. Proposer un produit reconnu Saveur de l'Année équivaut à mettre en place une référence de confiance bien repérée par les consommateurs. Des études montrent que cette reconnaissance apporte une augmentation des ventes de +30 % (1). De plus, 86 % des consommateurs se déclarent satisfaits des articles Saveur de l'Année qu'ils ont achetés (2) », indique Cécile Gillot, chef de produit ingrédients de panification chez CSM France.

L'utilisation d'ingrédients labellisés joue en faveur d'une agricultureet d'une économie durables.

Sortir de l'anonymat Les produits labellisés sont une assurance de qualité universelle qui vous permettra de séduire à coup sûr la plus grande partie de votre clientèle. Si vous décidez par contre de valoriser le logo, sachez que certains d'entre eux ont peu d'influence sur l'acte d'achat car ils n'évoquent rien pour le grand public. C'est le cas des blés CRC (Culture Raisonnée Contrôlée), qui s'appuient pourtant sur un label officiel (CCP)… mais encore mal identifié. N'hésitez donc pas à faire preuve de pédagogie ! De plus, les labels, aussi sérieux soient-il, peuvent véhiculer un univers de « grande distribution ». À la question « Où trouve-t-on les produits Label Rouge ? », les Français interrogés répondent à 94 % « dans les grandes surfaces » (3).

Veillez donc à bien vous assurer que le logo ne portera pas préjudice à votre image d'artisan. Après, si vous avez du mal à valoriser votre offre du fait d'une notoriété en berne ou d'une forte concurrence, l'introduction d'un produit d'appel labellisé (ou distingué) peut être un moyen très intéressant de retrouver la faveur de votre clientèle.

 

Agriconfiance : une signature durable

(1) Le Parisien, 2009.(2) BVA/Monadia, 2010(3) OpinionWay/Fedelis, 2010.(4) Eurobaromètre, CE/TNS Opinion & Social, 2012.

par Armand Tandeau (publié le 20 janvier 2014)