Les blattes (ou cafards ou cancrelats) ont bien mauvaise réputation car non seulement leur aspect est repoussant mais elles peuvent aussi être à l'origine de contaminations et d'intoxications alimentaires. En effet, en fréquentant les poubelles et les égouts, ces nuisibles constituent un vecteur privilégié de transmission de germes ou de virus pathogènes, sans compter que leurs mues et excréments présentent un potentiel allergène. Mais, contrairement aux a priori, les blattes parviennent à investir des locaux relativement propres car elles sont capables de se nourrir de la moindre projection (sucre, lait, farine…). Comme elles sont nocturnes et nichent dans les endroits cachés (faux-plafonds, siphons de sol, gaines techniques, parois de chambres froides…), il est très difficile de les repérer et de les déloger.

Il est vivement conseillé de protéger les denrées alimentairespar des boîtes avec des couvercles hermétiques, type Scaritech.

Comportement• Ces insectes rampants présentent deux espèces majeures : Germanicus (très présente en région parisienne) et Orientalis (plus fréquente dans le Sud). Les femelles sont plus claires et plus allongées que les mâles.• Les blattes s'introduisent le plus souvent par le biais d'emballages alimentaires ou d'équipements d'occasion (armoire frigorifique, four à micro-ondes, lave-vaisselle, etc.). En immeubles, elles passent d'un appartement à l'autre par le biais des ouvertures qui assurent le passage des canalisations et des réseaux techniques. • Elles recherchent les zones chaudes et humides (poubelles, réserves, cuisines, sanitaires, échangeur des chambres frigorifiques…). La présence d'eau est essentielle à leur survie (fuite, condensation, eau résiduelle). • Elles se nourrissent de tous résidus de matière organique (projections alimentaires, graisse, savon, moisissures…). Leur comportement nécrophage (mangent leurs morts) et coprophage (mangent leurs excréments) est exploité dans certains principes de traitement (voir ci-après). • La femelle pond ses oeufs dans une oothèque (petite capsule rigide très résistante à l'écrasement et aux insecticides) qui reste fixée à son abdomen. Si vous écrasez une blatte, vous risquez d'accrocher une oothèque à votre semelle et d'étendre l'infestation.

La prévention• Pour se prémunir d'une invasion, la première chose à faire est de ne laisser aucune particule de nourriture accessible. • La fermeture des poubelles par un capot et leur évacuation en fin de journée dans un local extérieur ventilé (voire réfrigéré) sont obligatoires. • Les résidus alimentaires doivent être impérativement nettoyés en fin de journée. Cela concerne les batteries, les ustensiles, le sol, les plans, les murs, les machines, les hottes… • Tout orifice doit être calfeutré à l'aide d'un mastic (silicone/acrylique) ou d'une mousse expansive (disp. en magasins de bricolage). • Le plan de lutte contre les nuisibles (que vous avez obligation de mettre en oeuvre) prévoit un volet désinsectisation. Il existe des moyens chimiques de prévention peu coûteux et efficaces sur le long terme (répulsifs, pièges) qu'il faut néanmoins veiller à renouveler selon les recommandations du fabricant. Les pièges collants vous permettent de dépister toute présence de blattes et d'agir sans plus attendre.

Plusieurs traitements existent.

Le traitement curatif • À cause de résistances génétiques, certaines molécules insecticides s'avèrent parfois inoffensives. L'intervention d'un applicateur agréé est donc recommandée (liste disponible sur www.cafards.fr). Il peut vous proposer une garantie de résultat et un plan de suivi annuel. En effet, selon l'importance du nid et le mode d'action des produits, une ou deux applications ultérieures seront à prévoir (une nouvelle invasion peut surgir après éclosion des oothèques). • Trois types de traitement choc sont utilisés par les professionnels : la fumigation, le gel appât et la vaporisation (voir tableau). • Recommandé en entreprises alimentaires, le gel appât alimentaire (type Goliath, Maxforce Prime, Devon…) s'applique par petites doses en de multiples endroits stratégiques (zones de nidification ou de passage) à l'aide d'un pistolet seringue. La colonie entière est décimée en quelques jours par transfert horizontal (voir illustration p. précédente). • Certains gels n'exercent leurs effets toxiques qu'une fois ingérés par l'insecte (bioactivation), ce qui augmente les possibilités de transfert horizontal et rend le produit inoffensif pour l'homme (innovation Advion/ Dupont).

Trois jours pour en finir

• En cas de forte invasion, un traitement de choc s'impose. Pour cela, réservez trois jours dans votre agenda et faites de préférence appel à un professionnel agréé. 

Jour 1 : Videz étagères, linéaires et réserves (froides/ sèches) en prenant soin d'éliminer toute denrée infestée.

Jour 2 : Nettoyez et désinfectez intégralement les lieux (murs, sols, équipements, mobiliers…). Procédez au traitement chimique (fumigation/vaporisation/gel alimentaire).

Jour 3 : Aérez, colmatez les orifices, réparez les trous et traitez les zones humides.

par Armand Tandeau (publié le 11 octobre 2012)