Alors que les marges financières se font de plus en plus étroites dans les petits commerces, les équipements d'occasion retrouvent logiquement la faveur des artisans, même au sein des grosses boulangeries flambant neuves. Restriction budgétaire, sensibilité écologique, nostalgie des vieilles machines… les motivations qui dopent l'économie circulaire sont diverses et variées. Une chose est sûre : le marché de l'occasion a largement été poussé par Internet et par l'apparition de grandes plateformes dédiées (eBay, Le bon coin), si bien qu'il est devenu beaucoup plus facile de dénicher la perle rare et de se débarrasser d'un encombrant. Mais sur la Toile, les arnaques ou les coups bas font aussi partie du jeu ! À vous d'identifier les canaux sécurisés, de repérer les marchands douteux et de pister les vices cachés.

Les revendeurs pro • Certains fabricants d'équipements (tels que Bongard, MAP, Pavailler…) pratiquent la reprise et la revente d'anciens modèles de la marque avec, à la clef, une révision au top (changement des pièces d'usure, nettoyage minutieux, entretien approfondi…). Les produits reconditionnés offrent une grande sécurité à l'achat. Toutefois l'offre reste limitée et réservée aux clients. • Les installateurs et frigoristes spécialisés sont nombreux également à investir le marché de l'occasion pour apporter un service personnalisé à leurs clients. Là aussi, la garantie est au rendez-vous… faut-il encore arriver au bon moment ! • Les distributeurs d'équipements spécialisés dans la seconde main (ou possédant une activité de reconditionnement importante) sont de plus en plus présents sur Internet. Certains marchands sérieux font une révision approfondie et appliquent une garantie de plusieurs mois.

Avant d'acheter, vérifiez l'état  des pièces techniques cachées.

Achat sur Internet : mises en garde• Le choix du site web : privilégiez les sites d'annonces payants réservés aux professionnels et bien référencés sur Google. Le coût à payer est souvent une garantie de sécurisation des transactions (et ça fait fuir les arnaqueurs !). Mais n'oubliez pas de lire les conditions générales de vente ! Les petites annonces de la presse spécialisée relayées sur Internet offrent la sécurité d'un réseau BtoB « privilège ». Notez qu'avec un support papier et un site web, la Toque Magazine offre une audience des plus puissantes qui soient (le journal est diffusé dans 98 % des boulangeries !). • Le prix : vérifiez systématiquement le prix du neuf hors-taxe (pas de TVA récupérable sur l'occasion) pour avoir une échelle de référence à modèle équivalent. Il est parfois plus judicieux sur le long terme d'investir sur du neuf que d'acheter une fausse bonne occasion. • Les arnaques : elles sont rares dans le domaine des équipements en boulangerie-pâtisserie. Cela dit, si vous passez par un site ouvert à tout public, ne payez jamais avant d'avoir sous les yeux la marchandise (et ne donnez jamais vos coordonnées bancaires, même au gestionnaire du site !). Fuyez les annonces trop alléchantes ou les fausses annonces de pro. Vérifiez par ex. si l'entreprise est déclarée comme telle sur le site, si elle dispose d'un espace-boutique en ligne ou si elle est présente ailleurs sur Internet. Cherchez aussi les autres produits qu'elle vend, c'est instructif ! • Les annonces flatteuses : elles sont légion. Les petits défauts omis dans l'annonce font partie du « deal », à condition de ne pas verser dans le vice caché. Les petites imperfections non signalées sont aussi une occasion efficace pour négocier sur le pas de la porte. • La remise en mains propres : elle est le moyen le plus sûr de sécuriser son achat. Le contact téléphonique préalable et la vérification sur Internet de l'existence réelle de la société ou de la personne sont un minimum.

Les modèles d'occasion peuvent tenir leurs promessespendant des dizaines d'années !

Les vices cachés • Les mauvaises surprises sont relativement fréquentes. Aussi prenez le temps de bien inspecter l'état et le fonctionnement de l'appareil avant de payer. Faites aussi intervenir votre installateur/frigoriste pour les grosses acquisitions. • Sur un four de boulangerie, regardez de près la dalle (fissures, perte de qualité ?), les chambres de cuisson et les vitrages (battement, étanchéité). Testez le fonctionnement électrique des résistances et des appareils à buées. Dégagez les cannes à buées (tartre, rouille ?). Pour un four à fioul ou gaz, demandez le carnet d'entretien du brûleur. • Sur les machines de mécanisation des pâtes (pétrin, batteur, laminoir…), les points à contrôler sont le bâti, notamment les piètements (rouille, fragilité ?), et la mécanique (entraînement fluide ? bruit ?). N'hésitez pas à jeter un oeil sous le capot ! • Sur les équipements de froid, observez les revêtements, les charnières, les joints et le groupe de froid (rouille ? bruit ? efficacité ?). Votre frigoriste doit pouvoir évaluer assez rapidement la présence de fuites sur le circuit frigorigène.

Déposer une annonce sur http://annonces.latoque.frLes conseils pour sortir du lot
• Soignez la rédaction de l'annonce en donnant les points essentiels concernant les références du produit : année, modèle, fabricant, caractéristiques techniques d'intérêt… • Indiquez l'état général et précisez les défauts visibles (la transparence est gage de crédibilité et permet de mener la transaction à son terme). • Déposez une photo de qualité (lumineuse, nette), montrant bien l'aspect général (sans cacher les défauts majeurs). Pour des prises de vue plus impactantes, nettoyez votre machine et son environnement proche. • Fixez un prix cohérent avec l'état de vétusté de l'appareil en tenant compte des tarifs pratiqués sur le site (modèles équivalents) ou sur le marché en général (occasion et neuf). • Réparez les machines présentant une défaillance importante (une machine non opérationnelle constitue un frein majeur à l'achat). Faites réviser les gros équipements et soulignez-le dans l'annonce (joignez à l'acquéreur la facture détaillée). • Indiquez plusieurs moyens de contact (portable, fixe, mail) et surveillez de près vos appels. La réactivité est essentielle dans une transaction.
par Armand Tandeau (publié le 5 octobre 2015)