| Heures
supplémentaires :
ce qui a changé
au 1er Octobre 2007
Les
périodes de fêtes sont bien souvent l’occasion
d’un surcroît de travail et le recours
aux heures supplémentaires représente une
solution pertinente pour l’entreprise. Attention cependant :
un nouveau régime social et fiscal est applicable
pour les heures supplémentaires effectuées
depuis le 1er octobre 2007. Il se traduit pour l’employeur
par une déduction forfaitaire sur les charges patronales
et, pour le salarié, par une réduction des
cotisations salariales et une exonération fiscale.
Le point sur ces allégements.
Travailler
plus pour gagner plus », tel est l’engagement
que le président Sarkozy compte bien tenir pour libérer
l’économie française. Cette idée
phare de la campagne présidentielle s’est incarnée
dans la loi n°2007-1223 du 21 août 2007 qui recouvre
un ensemble de mesures en faveur du travail, de l’emploi
et du pouvoir d’achat, dite loi « TEPA ».
L’article
1 de ce dispositif souhaite faciliter le recours aux heures
supplémentaires et complémentaires en réduisant
leur coût. L’objectif visé est de libérer
les forces de travail de l’entreprise tout en augmentant
le pouvoir d’achat des salariés qui souhaitent
travailler plus. Michel Courant, boulanger et Président
de la Confédération de la Boulangerie sur
le Maine-et-Loire, estime que « la profession
a vu d’un bon œil l’arrivée de ce
dispositif, car un salarié qui peut travailler plus
sans que ça ne coûte plus cher à l’entreprise,
c’est forcément une bonne chose. Maintenant,
on n’a pas le recul suffisant pour dire si effectivement
c’est profitable financièrement pour l’employeur.
Une chose est sûre, c’est que c’est une
mesure qui complique davantage la gestion ». Même
si bon nombre de boulangers délèguent leur
comptabilité et leur paie à des centres agréés
(syndicats départementaux), le dispositif demeure
effectivement complexe à mettre en œuvre sur
le terrain et nécessite quelques éclaircissements.
Heures concernées
Ouvrent droit au nouveau dispositif les heures supplémentaires
accomplies par les salariés à temps plein
à compter du 1er octobre 2007. Il s’agit donc des
heures effectuées au-delà de la durée
légale hebdomadaire de travail (35 heures). Les entreprises
qui ont instauré un accord de modulation, d’annualisation
ou des conventions en forfait jours sur l’année
sont également concernées. L’U.R.S.S.A.F.
met à disposition le mode opératoire applicable
dans leurs cas.
Les heures complémentaires sont également
concernées. Rappelons que ces heures sont celles
qui dépassent la durée stipulée au
contrat, dans le cadre d’un travail à temps
partiel. Le volume d’heures complémentaires
peut être fixé dans le contrat, après
accord des parties, dans la limite du tiers de la durée
du contrat initial, en application des accords en vigueur
dans la boulangerie-pâtisserie. La durée légale
de 35 heures ne peut toutefois pas être atteinte.
Ces heures complémentaires n’ouvrent pas droit
à la déduction forfaitaire sur les cotisations
patronales (voir ci-après).
Majoration des
heures supplémentaires
et complémentaires
Dans les entreprises de moins de 20 salariés, le
taux de majoration des quatre premières heures supplémentaires
hebdomadaires (de la 36e à la 39e), qui était
fixé à 10% jusqu’au 31 décembre
2008, a été porté à 25%, de
manière anticipée, depuis le 1er octobre dernier.
La rémunération des autres heures supplémentaires
ne subit pas de changement.
Notons aussi que, pour ces mêmes entreprises, depuis
le passage aux 35 heures, le décompte des contingents
d’heures supplémentaires s’effectuait
à partir de la 37e heure (contingent annuel
de 220 heures au-delà duquel est dû le repos
compensateur et contingent de 329 heures au-delà
duquel est rendue obligatoire l’autorisation de l’inspection
du travail). À compter du 1er octobre 2007, ces décomptes
doivent s’effectuer dès la 36e heure.
Pour les temps partiels, les heures complémentaires
effectuées dans la limite du 1/10e de la durée
hebdomadaire ou mensuelle stipulée au contrat de
travail sont rémunérées au taux horaire
normal. Les autres donnent lieu à une majoration
de salaire de 25%.

Avantages
pour les salariés
Quel que soit le niveau de son salaire, le salarié
bénéficie d’une réduction
de cotisations sociales salariales pour chaque heure supplémentaire
effectuée. Le taux de réduction appliqué
correspond au montant des charges salariales divisé
par la rémunération totale. Seules les cotisations
et contributions d’origine légale et conventionnelle
dues par le salarié sont prises en compte dans ce
calcul (maladie-maternité, invalidité-décès,
vieillesse de base, retraite complémentaire, C.S.G.-C.R.D.S.,
chômage). Ne sont pas soumises à réduction
les cotisations dues aux régimes de prévoyance
complémentaire et de retraite supplémentaire,
ni celles afférentes à la mutuelle obligatoire
en boulangerie (A.G.2.R.). Un plafond a été
fixé à 21,5%. Dans le secteur de la boulangerie-pâtisserie,
le taux de réduction calculé étant
supérieur au plafond, c’est le taux de 21,5%
qu’il conviendra d’appliquer.
La réduction accordée est égale à
la rémunération des heures supplémentaires
ou complémentaires multipliée par ce taux
et est appliquée au moment du règlement de
ces heures. Cette réduction ne peut pas dépasser
le montant des cotisations salariales de sécurité
sociale dues sur l’ensemble de la rémunération
versée.
Le salarié bénéficie également
d’une exonération totale de l’impôt
sur le revenu sur la partie du salaire correspondant aux
heures supplémentaires ou complémentaires.
Du côté des employeurs
Les employeurs, quant à eux, bénéficient
d’une exonération forfaitaire des cotisations
patronales de sécurité sociale. Celle-ci est
modulée selon l’effectif de l’entreprise.
Pour les entreprises de moins de 20 salariés, la
réduction de cotisation est de 1,50 euro par heure
supplémentaire effectuée par les salariés
(0,50 euro par heure supplémentaire pour les entreprises
de plus de 20 salariés). Cette déduction forfaitaire
n’est accordée que lorsque l’heure supplémentaire
effectuée fait l’objet d’une rémunération
au moins égale à celle d’une heure normale.
Les heures complémentaires n’ouvrent pas droit
à cette réduction.

La démarche
à suivre
Les employeurs doivent :
- faire figurer sur les bulletins de salaire la rémunération
des heures supplémentaires bénéficiant
de la mesure d’exonération d’impôt
sur le revenu. Les logiciels de paie nécessiteront
une mise à jour ;
- tenir à la disposition du service des impôts
ou des organismes chargés du recouvrement des cotisations,
les informations relatives au contrôle de la durée
du travail. Pour chaque salarié, ce document doit
notamment mentionner le nombre d’heures supplémentaires
et complémentaires effectuées, la rémunération
mensuelle brute versée et le montant total de la
réduction salariale et patronale. Lorsque ces données
ne sont pas immédiatement accessibles, l’employeur
doit compléter, au moins une fois par an pour chaque
salarié, un récapitulatif de ces informations.
Cependant, pour ne pas alourdir les formalités incombant
aux entreprises, ces informations seront mises à
disposition seulement en cas de contrôle. Il n’est
pas prévu de transmission systématique à
l’U.R.S.S.A.F.. Mais l’absence de ce document
peut donner lieu à la réintégration
des réductions et déductions de cotisations
sociales.
Les salariés qui recevront une déclaration
de revenus n° 2042 préremplie (à souscrire
en mai 2008) devront vérifier les montants des salaires
perçus et des heures supplémentaires ou complémentaires
exonérées d’impôt sur le revenu
et les corriger, le cas échéant, sur la base
des feuilles de paie délivrées par l’employeur.
Ceux qui ne recevront pas de déclaration préremplie
devront distinguer le montant des salaires imposables perçus
en 2007 du montant des rémunération perçues
en 2007 au titre des heures supplémentaires ou complémentaires
effectuées à compter du 1er octobre 2007 (et
donc exonérées d’impôt sur le
revenu).
BON
À SAVOIR :
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C’est l’U.R.S.S.A.F. de Lyon qui gère
pour les boulangers les allègements
de la loi TEPA. Les employeurs pourront déclarer
ces heures supplémentaires ou complémentaires
sur Internet ou contacter le centre pour obtenir
un volet spécifique intégrant la possibilité
de déclarer ces heures ouvrant droit à
allègement.
|
La « réduction
Fillon »
Pour mémoire, il s’agit d’une réduction
générale des cotisations patronales de sécurité
sociale instaurée en 2003. Le calcul de cette réduction
dite « Fillon » a été
modifié par la loi « TEPA ».
Celui-ci ne prend désormais plus en compte le volume
des heures supplémentaires et complémentaires
mais est indexé sur le S.M.I.C., calculé sur
une base mensuelle de 35 heures hebdomadaires.
Pour les heures effectuées à compter du 1er
octobre 2007, la réduction se calcule ainsi en fonction
de la rémunération brute mensuelle soumise
à cotisations excluant d’une part la rémunération
des heures supplémentaires ou heures complémentaires
(dans la limite de la majoration de 25% ou 50% applicable)
et, d’autre part, le montant des frais professionnels
(ou déduction forfaitaire pour frais professionnels).
Elle est obtenue en multipliant la rémunération
mensuelle brute du salarié par le coefficient suivant :
Ce
calcul est valable pour les entreprises de moins de 20 salariés,
ce qui correspond à la plupart des entreprises artisanales.
Dans ce cas, le montant maximum de la réduction est
de 28,1% du salaire brut dans la limite de 1,6 fois le S.M.I.C.
(fixé à 1280,09 euros depuis le 1er juillet
2007). Cette réduction « Fillon » peut
être cumulée avec la nouvelle réduction
des cotisations patronales créée par la loi
« TEPA » puisque les cotisations concernées
ne sont pas les mêmes (allègement salarié
et allègement employeur).
Un dispositif avantageux ?
Il est évident que ce dispositif est un coup de pouce
non négligeable pour les salariés, notamment
à l’heure où le pouvoir d’achat
des Français est un peu en berne. Cependant, pour
les employeurs, ce nouveau régime complexifie encore
un peu plus la gestion du temps de travail des salariés
et ne présenterait qu’un avantage modéré.
Selon Jean-Louis Mack, directeur juridique de la Confédération
Nationale de la Boulangerie, « pour les salariés,
ce nouveau régime d’heures supplémentaires
est intéressant. Mais pour les employeurs jusqu’à
vingt salariés, même avec la déduction
forfaitaire majorée à 1,5 euro, la réforme
ne compense qu’en partie le surcoût des heures
supplémentaires lié au passage de la majoration
de 10 à 25% ». Il semble donc que ce système
permette à l’employeur d’atténuer
seulement le surcoût lié à l’exécution
d’heures supplémentaires. 
La législation sur les heures supplémentaires
n’a en fait pas fini d’évoluer. François
Fillon envisagerait une nouvelle loi sur la durée
du travail avant l’été 2008. Syndicats
et patronat seraient d’ores et déjà
invités à transmettre leurs conclusions. Le
gouvernement anticiperait ainsi les difficultés d’application
du mécanisme encourageant les heures supplémentaires.
Les heures effectuées au-delà de 35 heures
resteraient défiscalisées et exemptées
de cotisations sociales, mais le bonus de 25% ne s’appliquerait
plus forcément. Une des pistes du gouvernement serait
de permettre à un accord d’entreprises de déterminer
librement certaines règles telles que le seuil de
déclenchement des heures supplémentaires,
le taux de majoration applicable… Bref, il risque
d’y avoir des « heures sup’ »
à Matignon !
Armand Tandeau
POUR EN SAVOIR PLUS :
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www.travail-solidarite.gouv.fr
www.impots.gouv.fr
www.urssaf.fr
Et n’hésitez pas à consulter
les spécialistes qui peuvent vous aider :
- Centres de gestion agréés, juristes,
experts-comptables, D.D.T.E.F.P.;
- U.R.S.S.A.F., spécial heures supplémentaires,
au 08 21 08 00 01;
- « Info Emploi » au 08 21 34 73 47
(0,12 euros TTC la minute) ;
-« Impôts Service » au 08 20 32
42 52 (0,12 euros TTC la minute).
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