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| Maître
Verdier vous répond
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Évitons
les surprises !
de
Thierry F. (Calvados) :
Bonjour
à la Toque,
J’ai vendu mon affaire il y a plusieurs mois et le prix
a été bloqué chez un séquestre. Le
délai légal des oppositions est terminé et
toutes les dettes ont été payées. Le séquestre
m’a prélevé une somme de 1.200 e pour le règlement
de frais de mainlevée des nantissements, sans me prévenir.
Ce montant ne figurait pas non plus dans le compromis de vente.
Pouvait-il me retirer cette somme ?
Je vous remercie de m’éclairer.
| Réponse
de Maître VERDIER : |
Cher
Monsieur,
Lorsque vous vendez votre fonds de commerce, vous faites le
libre choix de celui qui sera le séquestre de votre
prix de cession (votre avocat, notaire, ou agent immobilier).
Les honoraires de séquestre sont systématiquement
à la charge du vendeur, ce point est d’ailleurs
mentionné dans la promesse de vente, puis dans l’acte
de vente définitif.
Le montant doit être fixé entre le vendeur et
le séquestre dès le démarrage pour éviter
toute surprise.
Il est préférable que cela fasse d’ailleurs
l’objet d’un écrit (le montant peut être
mentionné dans la promesse de vente ou dans une simple
correspondance adressée par le séquestre à
son client, au démarrage du dossier).
Cela évite ensuite toute contestation.
A côté des honoraires de séquestre, il
existe des frais de mainlevée de nantissement.
En effet, au moment de la vente de votre fonds de commerce,
vous avez très souvent des prêts à rembourser
pour lesquels des nantissements ont été pris
sur le fonds de commerce.
Juste après la vente, ces nantissements doivent être
radiés.
Cette radiation a un coût de trois ordres :
• des frais de greffe : environ 50 E,
• des droits d’enregistrement : 125 E,
• et les frais correspondant aux diligences accomplies
par le séquestre.
Certains séquestres considèrent que les frais
de mainlevée des nantissements sont inclus dans leurs
honoraires de séquestre.
D’autres, en revanche, facturent à part ces prestations.
En conséquence, et là encore pour éviter
tout soucis, il est important de bien se faire préciser
les choses au moment où vous confiez à votre
conseil une mission de séquestre de telle
façon que vous connaissiez le montant des sommes que
vous aurez à verser.
Si vous avez un doute, faites-vous confirmer le coût
des prestations liées à la vente que vous aurez
à supporter. |
L’opposition,
oui, mais pas à n’importe quel prix

de Francine V. (Pyrénées
Atlantiques) :
Lorsque
j’ai vendu mon fonds de commerce, on m’a
conseillé de ne pas régler les oppositions que le
séquestre avait reçues si elles n’avaient
pas été faites par huissier puisqu’elles ne
seraient pas valables.
C’est donc ce que j’ai fait et aujourd’hui mon
avocat me dit que les créanciers qui n’ont pas été
réglés menacent d’engager une procédure
contre moi.
Ont-ils le droit et peuvent-ils le faire puisque leur opposition
n’est pas valable ?
Je ne sais pas ce que je dois faire, merci de me renseigner.
| Réponse
de Maître VERDIER : |
Chère
Madame,
Il y a plusieurs points dans votre question qui ont besoin
d’être distingués.
— Vous avez raison sur le fait que les oppositions
ne sont valables qu’à partir du moment où
elles ont été notifiées au séquestre
par voie d’huissier, la loi est très
claire sur ce point.
En conséquence, une opposition qui serait faite par
lettre (recommandée ou non), n’a pas valeur d’opposition.
Ceci étant, le séquestre n’est pas juge
de la validité d’une opposition et n’a
donc pas à prendre l’initiative de rejeter telle
quelle une opposition faite par lettre.
En principe, il bloquera donc en compte séquestre le
montant des sommes réclamées par le créancier
(sans le régler cependant) en vous demandant de régler
votre litige avec ce dernier. Il ne réglera qu’après
un accord ou un jugement fixant votre dette.
— En deuxième lieu, vous devez savoir que ce
n’est pas parce que l’opposition n’est pas
valable en tant que telle que votre dette est éteinte.
Même si l’opposition n’a pas été
faite dans les délais ou dans les formes légales,
votre dette demeure.
Votre créancier a donc la possibilité d’introduire
une procédure judiciaire à votre encontre pour
obtenir votre condamnation à payer, il pourra parallèlement
obtenir du Tribunal l’autorisation d’effectuer
une saisie entre les mains du séquestre.
En conséquence, et comme vous êtes de bonne foi,
si vous ne contestez pas la dette de votre créancier,
quelle que soit la forme de l’opposition, vous avez
tout intérêt à la faire régler
par votre séquestre, dans le cadre de la mission qui
lui a été confiée.
Cela évitera des polémiques, un allongement
du blocage des fonds et, le cas échéant, des
procédures judiciaires qui sont toujours coûteuses
et longues.
Ce n’est réellement que si vous contestez la
dette en tant que
telle que vous pourrez utiliser l’argument suivant lequel
l’opposition n’est pas valablement faite. |
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