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L'Ogre de Carrouselberg Pâtisserie fantastique

Au coeur de Lille, Stéphanie Touzet et Matthieu Buchalski ont fondé une pâtisserie inspirée d'un conte pour enfants. Tout, de l'aménagement aux recettes, en passant par la communication, est raccord avec l'univers de l'Ogre.

L' OGRE DE CARROUSELBERG EST UN REPENTI : après avoir découvert les saveurs des fruits et des baies du jardin, il renonce à jamais à la chair enfantine. L'Ogre de Carrouselberg est aussi le nom qu'ont choisi Stéphanie Touzet et Matthieu Buchalski pour leur pâtisserie. Dans le vieux quartier de Lille (59), ils y déclinent depuis un an leur interprétation de ce conte flamand.

Image de marque

Le duo est lui aussi converti : avant de se lancer en pâtisserie, Stéphanie Touzet était promise à une carrière littéraire, Matthieu Buchalski officiait comme graphiste dans une agence de publicité chargée de valoriser les produits de grandes marques alimentaires. Une expérience utile pour créer un univers vendeur pour leur propre affaire ! Ainsi, par exemple, Stéphanie et Matthieu

collectionnaient depuis

plusieurs années dans l'application Pinterest

des images correspondant

à l'ambiance qu'ils souhaitaient donner à leur commerce... « Nous voulions quelque chose d'assez sombre - le côté "antre" de l'ogre - dans l'esprit des illustrations ténébreuses de certains contes russes, raconte Matthieu Buchalski. Le végétal, référence au jardin, devait également être présent, ainsi que les codes régionaux ». En boutique, cela donne des papiers peints foncés (bleu nuit et or, bleu gris avec une impression qui fait penser aux poils de la barbe de l'ogre) ; un comptoir mange-debout en bois brut et des chaises hautes en osier ; de petits pichets en étain et des bouquets de fleurs séchées un peu partout.

Chaque chose à sa place

Pour conjuguer espace et budget réduits, le binôme s'est beaucoup impliqué. Il a tout de même fait appel à Barresi Axion Boutique pour la partie technique. Pour commencer, Stéphanie et Matthieu ont déniché un meuble de métier qui permet de ranger un petit frigo à boissons, une machine à café et sert de support au service. Les moulures de cette pièce maîtresse ont été copiées pour l'habillage de la vitrine réfrigérée, placée côté rue. Et, alors que l'ensemble du magasin est éclairé avec des spots blanc chaud, l'illumination des produits est froide, pour orienter le regard vers les pâtisseries.

Le couple souhaitait une grande proximité avec les consommateurs. La vente se fait donc à l'avant et le comptoir de caisse se limite à une simple planche, orientée de telle sorte que le client tombe directement dessus

en entrant. La vendeuse,

également community manager pendant les moments de creux, bénéficie d'un petit bureau dissimulé derrière le poteau central. Enfin, l'utilisation de tables et de chaises hautes permet d'offrir une place assise à ceux qui souhaitent rester, tout en limitant leur temps de visite. « Cela donne un petit côté bar sucré. Le samedi, c'est très animé », note Stéphanie.

Des produits élégants

Dans cet écrin, les entremets sont aussi travaillés que le décor. Chaque pâtisserie est pensée « comme un végétal - l'éclair est présenté avec un craquelin qui ressemble à de l'écorce, la Rose d'Englefontaine est dressée comme une fleur », détaille Matthieu. Côté ingrédients, c'est le local qui prime : le café est fourni par un torréfacteur d'Aire-sur-la-Lys (62), les farines viennent de Mons-en-Pévèle (59),

la tarte au caramel de vergeoise est inspirée des babeluttes, des bonbons typiques du Nord. De quoi séduire à la fois la clientèle locale et de passage !

Stéphanie et Matthieu ont frappé encore plus fort avec leurs P'tits Pouchins. Ces chouquettes de forme rectangulaire, garnies

de crème vanille-fleur

d'oranger, ont rapidement trouvé leur public. Moins onéreuses qu'un entremets, plus facilement transportables, elles sont devenues le petit cadeau à offrir. Compte tenu de leur succès, ils les déclinent en parfums

éphémères (framboise-coquelicot pour la

Saint-Valentin, mojito pour la braderie de Lille) et en pièces montées, pour les mariages et les anniversaires. Un produit signature qui a permis de faire connaître la boutique et continue de participer à sa notoriété.

Cécile Rudloff
REPÈRES

Superficie : 55 m2, dont 22 m2 de boutique.

Effectifs : 1 vendeuse, 1 pâtissière en BTM.

6 places assises à l'intérieur, 4 de plus en terrasse.

Ticket moyen : 11 €.

Budget d'aménagement de la boutique : 50 000 €.

La puissance d'Instagram

Stéphanie et Matthieu sont conscients de l'importance des réseaux sociaux. Au point qu'ils y pensaient déjà en décorant leur boutique : « le papier peint et les fleurs séchées sont très photogéniques ». Un atout pour les utilisateurs d'Instagram, qui recherchent l'esthétique pour poster de jolis clichés. L'équipe de l'Ogre en profite. Ainsi, pour fêter son premier anniversaire, elle a offert à 22 instagrameuses lilloises un panier qui contenait quelques pâtisseries et un bouquet de fleurs séchées... que ces influenceuses numériques se sont empressées de shooter et de mettre en ligne. Une publicité idéale auprès de tous les gourmands connectés !

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