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La Fabrik Plus qu'un magasin, une identité

A Verquigneul (62), les quatre jeunes associés de La Fabrik ont offert à leur boulangerie un aménagement qui leur ressemble. Leurs priorités ? La valorisation de leurs fabrications maison et la mise en avant des pains spéciaux. Visite.

ILS SONT JEUNES, ILS SONT TALENTUEUX ET ILS ONT ENVIE DE RÉUSSIR. Début 2016, Rémy Martin et son épouse Anaïs Sikora ont mis le pied à l'étrier en rachetant cette boulangerie au centre de Verquigneul (62). En mars 2018, ils ont été rejoints par Cédric Bernard - un camarade d'apprentissage de Rémy - et sa compagne Marine Arnaud. Trois mois plus tard, ils relookaient le premier magasin, tout en ouvrant un deuxième point de vente, de l'autre côté de Béthune, à Annezin, sur une avenue très passante... Leur Fabrik est désormais lancée à pleine vitesse.

Un look sur mesure

Pour l'agencement,

le quatuor a laissé les clés à Jean-Bernard Delpierre, un ébéniste passionné par l'aménagement commercial. « Nous voulions des matières brutes et nobles, comme celles que l'on travaille au fournil et au laboratoire, raconte Rémy Martin. Surtout pas de chichis, de guirlandes lumineuses et de rose pailleté, ce n'est pas notre genre. » L'artisan a imaginé un décor qui leur correspond - bois, métal et noir - suffisamment personnalisé pour qu'ils puissent en reprendre les éléments dans de futures boutiques supplémentaires.

Pour afficher le savoir-faire de l'équipe, une ouverture a été percée dans le mur. Elle permet aux clients d'observer la sortie du four et l'effervescence créative du laboratoire. Cette fenêtre, la plupart du temps ouverte pour faciliter les échanges, peut être fermée pour éviter la diffusion de farine au moment des pétrissages. Au mur, le logo est découpé dans une plaque de métal et près de la caisse, une étagère fabriquée sur le même principe met en avant

le prêt-à-grignoter (confitures, pâtes à tartiner, biscuits secs...) maison.

Du pain sous le nez

Pour la pâtisserie et

le snacking, la vitrine

réfrigérée achetée d'occasion a été habillée de bois et

de rangements à l'arrière. Mais c'est sur la présentation sèche que le travail est le plus remarquable. « Nous voulions mettre en avant les spéciaux et c'est très réussi, reprend

Rémy Martin. La nouvelle

présentation nous a permis d'augmenter les ventes de 25 %. » Le travail du boulanger est présenté de part et d'autre de la caisse, sous verre, dans des nacelles inclinées.

C'est ce que voit le client : il ne peut pas passer à côté.

Côté vente, la technique est astucieuse. Les présentoirs sont des tiroirs, à la manière des bijouteries. A l'intérieur, trois planchettes ajourées sont placées de biais, pour accueillir le pain comme s'il était allongé dans un transat. Moins de pièces en fin de journée ? La vendeuse dispose d'une planche ajustée à la taille du tiroir, pour exposer à plat ce qui reste, sans impression de vide. Dans son dos, le présentoir vertical est tout aussi recherché, constitué de clayettes inclinées à 25°, déplaçables d'un geste. Le rail de fixation comprend autant de points électriques pour rebrancher la barre de leds qui éclaire chaque étage. Du grand art !

Des produits bien visibles

Au final, toutes les fabrications de la maison sont

valorisées. En entrant,

les clients tombent directement sur le snacking et la pâtisserie, minutieusement finis. « Cédric travaille des recettes traditionnelles, mais les allège, décrit Rémy Martin. Par exemple, nous ne pouvions pas passer à côté

du Merveilleux, mais il a remplacé la crème au beurre par de la crème fouettée. Il a aussi apporté la tarte au mètre, ce qui nous permet de répondre à toutes les demandes : si vous êtes dix à table, emportez-la entière, mais si vous n'êtes que deux, on la coupe avec plaisir. Nous la déclinons en différentes recettes saisonnières. »

Côté boulangerie, l'équipe réussit à attirer la clientèle vers des recettes moins conventionnelles que le pain blanc. A gauche de la caisse, les baguettes de tradition et aux céréales leur font de l'oeil. A droite, place à la gourmandise. « Nous avons créé le Miksi fruits, une base de pâte viennoise, avec des fruits exotiques confits. Souvent, ceux qui le découvrent reviennent dans le quart d'heure car ils l'ont englouti. Ces pains - le poire-cannelle,

le potiron-graines de courge, le curry mimolette - se suffisent à eux-mêmes. Les clients sont très réceptifs ! »

Cécile Rudloff
REPÈRES

Superficie : 60 m2 de boutique, 250 m2 de laboratoire.

Salariés : 4 boulangers, 4 pâtissiers, 5 vendeurs (sur 13 salariés, 9 sont apprentis) dont deux postes et demi pour la boutique d'Annezin.

Horaires : de 6 h 30 à 12 h 30 et de 15 h 30 à 19 h, du jeudi au mardi.

Ticket moyen : 5,90 €.

Chiffre d'affaires : 345 000 € par an (la boutique d'Annezin devrait finir sa première année à 200 000 €).

De l'importance du relationnel

A La Fabrik, les produits sont beaux et bons, leur présentation intelligente. Cela pourrait suffire. Mais les quatre associés ont compris qu'ils pouvaient démultiplier leur aura en soignant leur réseau. Toutes les semaines, Rémy Martin se rend aux réunions matinales du BNI (Business Network International). Il y rencontre d'autres entrepreneurs de la région et y déniche - via les recommandations des uns et des autres - de nouveaux marchés. Des connaissances qui lui ont également permis d'avancer les travaux de plusieurs semaines, afin que la boutique apparaisse sous son meilleur jour dans La Meilleure Boulangerie de France. « Tous les artisans se sont mobilisés », note-t-il. Au sein même de leur boulangerie-pâtisserie, le quatuor a à coeur de cultiver une ambiance motivante. « Nous sommes à fond sur l'apprentissage et la création, note Rémy. A terme, nous embaucherons nos apprentis. En attendant, nous les formons et les accompagnons dans leurs envies de concours. Cela crée de l'émulation. »

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