Un chantier de réfection de la voirie, un ravalement de façade, la création d’une voie pour vélo ou le chantier d’un tramway, lorsque l’on tient un commerce, ces modernisations, même connues de longue date, peuvent nuire à la venue de la clientèle. Que l’entrée soit difficile d’accès ou dissimulée par les échafaudages, il existe des solutions pour pallier une éventuelle baisse de fréquentation et du chiffre d’affaires. Dans la situation actuelle où nos villes sortent du confinement, l’activité reprend plus ou moins vite, et l’arrivée de travaux reportés pour cause sanitaire peut être attendue comme redoutée.

Dans le centre-ville du Mans, rue de la Juiverie, par exemple, les commerçants ont lancé une pétition, accompagnée d’une lettre au maire, pour demander la poursuite des travaux : en raison d’une reprise encore timide de l’activité, les commerçants préfèrent optimiser cette période pour bénéficier plus tard de l’embellissement de la rue. Mais à Nantes, les mêmes raisons refroidissent les commerçants qui, même indemnisés, déplorent que la reprise de travaux de la place du Commerce les empêchent d’exploiter leur terrasse et par conséquent de relancer leur activité.

Idée n°1 : rester visible

Dans le cas où des échafaudages et des tissus cachent la devanture de votre enseigne, il est toujours possible d’ajouter une banderole pour remplacer temporairement l’enseigne en dur et de disposer d’un panneau sur le trottoir pour assurer sa visibilité. Vous pouvez trouver des bâches publicitaires à personnaliser sur Internet (Prismaprint, Printshot, Easyflyer) pour un prix raisonnable. Sigma Signalisation est spécialisé dans le mobilier urbain et propose des panneaux sur pied et des stop-trottoirs, que vous pouvez positionner à l’endroit le plus opportun pour diriger les clients. Par ailleurs, Facebook et votre site Internet peuvent vous permettre de communiquer auprès de votre clientèle : la période de travaux durant laquelle vous restez cependant ouvert, pourquoi ne pas lister des places de parking à proximité, ou les nouvelles routes à prendre pour accéder à votre boutique.

Idée n°2 : connaître ses droits

Pour éviter les mécontentements, les mairies, les chambres consulaires et les maîtres d’ouvrage s’efforcent d’organiser des concertations en amont. Le but étant de convier les commerçants à des réunions et de les alerter sur les changements à venir. « Ils peuvent ainsi s’organiser et  se rapprocher, six mois avant  le début du chantier, des services des impôts, du RSI  ou encore de l’Urssaf pour  négocier des délais de  paiements », explique Gérald Barbier (CCIP - Chambre de commerce et d’industrie de région Paris). Le Fisac (Fonds d’intervention pour les services l’artisanat et le commerce) ayant disparu l’année dernière, les CCI jouent un rôle majeur dans cette situation. Elles peuvent, par exemple, organiser des animations ainsi que des journées portes ouvertes afin de vous aider à créer une dynamique commerciale pendant les travaux et tenter de conserver votre clientèle. Pour la sortie de la crise, la commission des affaires économiques a élaboré un plan de près de 170 mesures concrètes qui visent, au-delà de la préservation de l’activité, à moderniser l’économie française.

À Toulon, rue Peiresc, les travaux de voirie affectent la fréquentation de la Boulangerie la Providence et aucun panneau d’information n’a été posé par la mairie.

Idée n°3 : poser vos congés

Contexte sanitaire ou pas, la meilleure stratégie, si cela est possible, est encore de modifier la date de ses congés et les faire coïncider avec la période de travaux. Pour pallier une baisse du chiffre d’affaires ou des frais pour augmenter sa visibilité, le mieux reste encore de tirer profit de cette période. Pourquoi pas envisager des travaux et des aménagements dans votre boutique si la période se révèle longue, et ainsi accueillir la clientèle dans un environnement tout neuf ?

Soutien à Bayonne

Le pôle Commerce & Services de la CCI de la ville de Bayonne propose avec Sollucio, trois axes pour le renforcement de l’offre commerciale, qu’elle soit située en centre-ville, dans les quartiers ou en milieu rural. Elle comprend l’accompagnement du commerçant pour améliorer les conditions d’exploitation, le renforcement des unions commerciales et la mise en place d’une démarche partenariale auprès des collectivités. En l’occurrence un fonds de solidarité et de proximité a été mis en place pour les artisans et les TPE.

L’OCM par la ville de Bayonne
Lê Thi Mai Allafort