Même pour des produits simples, mais conditionnés et préparés en amont, la vigilance est de mise. Par exemple : dans le monde des olives, la différence entre conventionnel et bio réside surtout dans la préparation du produit. Vertes ou noires, elles sont amères à la récolte. En conventionnel, les industriels utilisent la soude caustique pour se débarrasser de façon accélérée de l’amertume et éviter l’oxydation de la belle couleur de l’olive verte. Après 1 mois dans cette solution pour l’olive noire, et 2 mois pour la verte (contre 10 à 12 mois dans un bain de sel et d’eau avec le cahier des charges bio), les produits sont commercialisés, sans aucune mention de l’utilisation de la soude caustique : rapidité et rentabilité !

Pour faire des olives vertes bio, ces dernières doivent baigner dans une saumure (eau et sel) changée régulièrement pendant 8 mois.

Pour des olives noires bio, 12 mois dans le sel sont nécessaires.

« Inutile de préciser que la majeure partie des industriels conventionnels ont recours à la soude caustique pour accélérer leur production, réduire leurs coûts et vendre plus vite ! La tentation existe même en bio chez des fournisseurs peu scrupuleux, car la soude caustique est pratiquement indécelable, grâce à ses caractéristiques proches du sel une fois dissoute. Aucun risque chez

nous qui maîtrisons directement nos filières. Evidemment, nos processus de production nous pénalisent en termes de coûts mais il en va de la santé de nos consommateurs. Qui a envie d’ingérer de la soude caustique !? », demande Philippe Delmas, gérant de Biorgane.

Aujourd’hui, le collectif En Vérité demande au législateur d’aller au-delà de l’obligation de la

mention des additifs alimentaires sur l’étiquette.

L’information du consommateur n’a aucune valeur si elle n’est pas compréhensible de tous.

La présence d’additifs doit être clarifiée, et leur nombre doit être clairement précisé, qu’il s’agisse

d’additifs, d’auxiliaires techniques ou de carry over. Les Français ont le droit de savoir en un coup d’œil ce qu’ils mangent ou donnent à manger à leurs enfants !

De nombreuses contraintes malgré tout

L’information quand elle est présente est floue et trompe la vigilance des consommateurs E450, E104, E967... La liste est (très) longue. Pour la grande majorité des Français, ces dénominations ne sont pas parlantes, et leurs traductions (E450, diphosphates ; E104, jaune de quinoléine ; E967, xylitol) encore moins !

La loi oblige les industriels de l’agroalimentaire à nommer certains additifs présents dans leurs produits, sur la base d’une liste d’additifs publiée par l’Union Européenne. Mais les dénominations scientifiques «E» ou fonctionnelles telles que : émulsifiant, colorant, conservateur, ne constituent des repères clairs et compréhensibles pour les consommateurs.

Cette opacité est décourageante pour le consommateur comme pour les industriels qui tentent de faire mieux.

LES PROPOSITIONS DU COLLECTIF EN VÉRITÉ POUR LA TRANSPARENCE SUR LES ORIGINES

Parce que les informations sur la composition des produits, lorsqu’elles ne sont pas tout simplement absentes, manquent souvent de clarté, il est urgent de donner aux Français le pouvoir de choisir sans ambiguïté l’origine des produits qu’ils consomment.

Pourquoi ?

Quels que soient leurs activités et engagements respectifs, les marques du collectif partagent un constat : les enjeux climatiques et de santé publique imposent d’accélérer la transition alimentaire.

Alors que nourrir et se nourrir devraient être des actes simples, ils sont devenus terriblement

complexes. En cause : une asymétrie d’informations entre multiplication de labels ou indicateurs à géométrie variables et marques qui préfèrent se taire...

Cette situation n’est plus tenable. C’est pour cela que les marques du Collectif s’unissent aujourd’hui, pour demander de nouvelles règles de transparence à travers un étiquetage harmonisé et obligatoire.

Leur ambition ?

Permettre aux Français, en coup d’œil, de savoir ce qu’ils mangent et de comprendre l’impact de leurs achats sur leur santé, sur la société et sur la planète.

Comment ?

Le Collectif En Vérité demande au législateur d’imposer à toutes les marques alimentaires des critères d’informations harmonisés, simplifiés et obligatoires sur tous les produits.

Au même titre que sur l’origine, En Vérité souhaite la mise en œuvre d’un étiquetage portant sur trois autres informations clés identifiées par le collectif comme de véritables enjeux de résilience alimentaire, réclamées par les Français :

• le type d’agriculture,

• la qualité nutritionnelle,

• la présence d’additifs.

Les membres du Collectif

En Vérité.nod, Quintesens, Alpina Savoie, d’Aucy, Omie & Cie., Jardin Bio, Food 4 good, Hari & co, Babybio, VRAI, Sojade, Juste, Priméal, Famille TEULET, SODIAAL, Candia, Entremont, Renard Gillard, Fromagerie de Saint- Flour, Nature de Breton, Yoplait Maison LE GOFF, Lobodis Café, LBF, Mo rice, Marcel Bio, Les 3 chouettes, MAZETTE !, La Preserverie, Archigood, L’Atelier V, NO FILTER, LOU Champignon, Krokola, Les fruits défendus, Joody, Supernature, NUDJ, Jubiles, Connétable, Phare d’Eckmul, Le Savoureux, Biorgane, Foodette, Funky Veggie, Chiche, Veridix, Bio par Cœur. Le collectif est accompagné par Transformation Positive.

https://www.en-verite.fr/