Si les hausses des prix sur l’énergie et les matières premières vous asphyxient au point que vous êtes sur le point de jeter l’éponge, sachez que vous n’êtes pas seul et qu’il existe des solutions pour traverser cette nième crise. Un très grand nombre de TPE françaises (entreprises de moins de 10 salariés) sont impactées comme vous, mais à des degrés divers, comme le confirme le Syndicat patronal des Indépendants (SDI) lors d’une conférence de presse consacrée au « Baromètre des TPE » (étude menée début septembre auprès de 1182 entreprises).

Des entreprises moroses

« Notre enquête montre que le moral des indépendants et entrepreneurs de TPE n’a jamais été aussi bas, affirme Marc Sanchez, Secrétaire national du SDI. 87% d’entre eux abordent la rentrée de septembre avec un esprit négatif et l’indice de confiance pour 2023 n’est que de 5,8/10… du jamais vu ! Lors de la crise Covid, les indépendants ont montré une certaine agilité et une capacité à rebondir. Mais depuis plus de deux ans maintenant, leur activité essuie tempêtes sur tempêtes et leur niveau de résilience semble atteindre une limite. Après la trop longue crise sanitaire est arrivé le conflit Ukrainien avec les pénuries et la flambée des prix sur les matières premières, les carburants et toutes les énergies ». En conséquence de cette inflation galopante, les entreprises enregistrent en 2022 plusieurs baisses : de chiffre d’affaires (pour 53% d’entre elles), de clientèle (pour 40%), de panier moyen (pour 34%), et de résultat net (pour 42%). La forte hausse des coûts de production (énergie, matières premières) combinée à celle des loyers et des salaires (augmentation du SMIC) érode les marges et fragilise les trésoreries. Au final, 62% des dirigeants touchent moins de 1500€ nets par mois et 18% sont même en dessous de 500 € nets.

Retrouver du souffle ?

Pour resserrer encore l’étau, c’est précisément maintenant qu’il faut rembourser les dettes Covid : le Prêt Garanti par l’Etat (contracté pour 51% des dirigeants et consommé dans 72% des cas) et les report de charges URSSAF impayées (pour 14%). Bref, les temps n’on jamais été aussi difficiles pour nos petites entreprises. Le SDI compte bien défendre leur cause à Bercy avec un ensemble de propositions politiques (prolongation de la durée de remboursement du PGE, reconduction du dispositif d’étalement des dettes URSSAF, défiscalisation et désocialisation des heures supplémentaires, généralisation du plafonnement à 3,5% sur tous les indices affectant les loyers…). Mais l’Etat a-t-il encore les moyens de « rallonger » ? Après avoir annoncé certaines mesures de soutien (bouclier énergie, PGE Résilience), il est probable que d’autres aides d’urgence soient mises en place. En attendant, des leviers existent pour retrouver un peu d’air (voir article Management du numéro d’octobre 2022). Ne baissez pas les bras !

Armand Tandeau