La 9ème édition des Rabelais des Jeunes Talents a présenté 35 jeunes lauréats, âgés de 17 à 26 ans, qui se sont tous distingués, durant l’année, dans leurs 13 métiers respectifs : boucher, boulanger, brasseur, caviste, charcutier-traiteur, chocolatier, épicier, fromager, glacier, pâtissier, poissonnier, primeur et cuisinier-serveur. Le palmarès était mixte, faisant la part belle aux jeunes femmes dans les différents corps de métier.

Côté boulangerie, ont été récompensées : Hind El Barhaoui et Manon Pennaneach pour Meilleures Jeunes Boulangères (MJB) de France, Luigi Trigatti pour le Trophée des Talents du Conseil et de la Vente en Boulangerie Pâtisserie.

Pour rappel les candidats doivent être âgés de moins de 26 ans pour le concours des Meilleurs Jeunes Boulangers (MJB) de France et de moins de 30 ans pour le Trophée des Talents du Conseil et de la Vente en Boulangerie Pâtisserie et avoir obtenu leur diplôme de niveau V en juin de l’année en cours. Après avoir franchi le cap des sélections régionales, ce sont 22 jeunes, pour chaque concours, qui se présentent devant un jury composé de professionnels et de professeurs. Les épreuves finales se déroulent sur une journée, pendant laquelle ils doivent se distinguer.

Les prétendants au titre de Meilleur Jeune Boulanger de France réalisent une commande comprenant un pain de tradition française, un pain de campagne, un pain régional ou européen, une viennoiserie en pâte levée, des viennoiseries en pâte feuilletée, des tartines salées et un pain décoré sur un thème donné.

Côté lauréats chocolatiers-confiseurs, ce sont Emilie Daher, Maxence Boitel et Romain Le Clinff qui ont été récompensés du trophée.

Pour rappel, Cette compétition, qui se déroule au printemps, compte entre 20 et 35 participants chaque année, tous âgés de moins de 23 ans et détenteurs d’un diplôme de qualification professionnelle (CAP, BEP ou BTM).

Les candidats sont jugés par les membres élus de l’Académie Française du Chocolat et de la Confiserie, des Meilleurs Ouvriers de France, des professionnels chocolatiers confiseurs, des écrivains, des scientifiques et des médecins. Les concurrents doivent réaliser, et présenter une pièce artistique sur un thème imposé, fabriquer 1,5 kg de bonbons de chocolat, 1,5 kg de confiserie, rédiger un exposé sur la technologie employée pour la fabrication de leurs bonbons de chocolat et de leur confiserie, répondre à dix questions sur le métier de chocolatier et, enfin, écrire une lettre de motivation expliquant les raisons de leur participation au concours.

Remise des prix aux lauréats des Trophées Rabelais jeunes talents catégorie pâtisserie

Les lauréats glaciers sont Valentin Roger, Julien Gourdin et Ella Collson.

Pour rappel, la Confédération Nationale des Glaciers de France choisit de mettre à l’honneur, pour la Cérémonie des Rabelais des Jeunes Talents de la Gastronomie, des jeunes ayant suivi une formation qui favorise l’esprit entrepreneurial, celle du BTM glacier fabricant.

La sélection s’établit sur les résultats de cet examen. Les 3 candidats ayant obtenu les meilleures notes se voient récompensés du Trophée des Rabelais des Jeunes Talents de la Gastronomie !

Enfin, les trois lauréats des Rabelais des Jeunes Talents de la Gastronomie catégorie Pâtissier sont issus du Concours du Meilleur Apprenti de France (MAF) Pâtissier : Florian Jagut, Lisa Caillie et Ruben Hagege.

Pour rappel, Les sélections régionales sont organisées d’octobre à fin novembre de l’année précédant la finale, un candidat est retenu à l’issue de cette épreuve.

La finale se déroule au printemps de l’année suivant les épreuves régionales.

Ce concours est réservé aux apprentis pâtissiers, issus de formation initiale, sous statut scolaire ou en alternance, relevant d’établissements publics ou privés, sortant de formation en pâtisserie et titulaires du CAP Pâtissier obtenu au plus tard 2 ans avant la finale.

Les candidats participants devront avoir moins de 21 ans au 1er janvier de l’année de la finale du concours.

Fait remarquable de ces jeunes talents : nombreux sont déjà multi diplômés, dans le secteur ou ont suivis d’autres formations comme la communication entre autres : ils souhaitent ouvrir leur propre boutique, voyager pour enrichir leurs connaissances et souhaitent s’accomplir dans leurs passions.

Les présidents Dominique Anract de la Confédération Nationale de la Boulangerie Pâtisserie et Joël Mauvigney des Trophées Rabelais ont tenus des discours d’espoir et d’avenir sur la profession, salué la jeune génération d’apprentis et surtout le changement positif du regard porté sur l’apprentissage.

« Le regard sur l’apprentissage a changé depuis 4 ans, les effectifs ont tendance à stagner. » en référence à la réforme de l’apprentissage enclenchée par le gouvernement.

(à noter : Le plan de relance de l’apprentissage offre une aide exceptionnelle aux entreprises pour financer le coût de leurs apprentis (niveau CAP à Master) recrutés entre le 1er juillet 2020 et le 22 juin 2022 : 5 000 € pour les apprentis mineurs et 8 000 € pour les apprentis majeurs.)

L’immense galette réalisée par Jean-Yves Boullier

Puis le Président Emmanuel Macron a prononcé un long et vibrant discours sur la profession, rappelant que ce rendez-vous annuel avec la profession « ce n’est pas simplement une tradition, c’est aussi une conviction, je pense, un temps où nous pouvons nous rassembler pour faire le point (…), sur ce qui avance, ce qu’il nous faut continuer d’améliorer pour nous retrouver, partager les raisons d’espérer. Et puis, les inquiétudes pour essayer d’y apporter quelques réponses. »

Discours d’Emmanuel Macron

Le président n’a pas manqué de rendre hommage aux jeunes boulangers qui se sont distingués aux concours de Meilleur croissant au beurre (Adrien Ozaneaux) et Meilleure baguette de tradition 2021 (Valentin Lecoeur). Il a également rappelé que ces métiers ne connaissent pas le chômage : « tous les métiers qui sont ici présents sont des métiers où il n’y a pas de chômage. Il y a des moments d’angoisse, il faut se lever tôt, parfois, se coucher tard, travailler dur. Mais à la clé, il y a de l’emploi. Ce sont des métiers qui sont de formidables fabriques républicaines. Parce que parfois, arrivant sans diplôme, on peut devenir patron de sa propre entreprise, on peut en créer d’autres. Il y a très peu de métiers à ce point (…) où la notion de mérite est si présente dans l’entreprise. Et donc (…), pour tous les parents, tous les enseignants, celles et ceux qui accompagnent les orientations, les métiers qui sont ici célébrés sont des métiers d’avenir pour nos jeunes (…) oui, le travail et l’engagement permettent justement, d’obtenir un travail, de gagner sa vie, de pouvoir progresser dans la vie, et ensuite construire son existence comme on le souhaite, (…) ces métiers permettent aussi, je le crois très profondément, de donner un sens à sa vie. Un sens, parce que ce sont des métiers de passion, parce que ce sont des métiers précisément où, au quotidien, la matière est là, l’excellence, le rapport tangible à ce qu’est la réussite de son travail, et ce qui est le fruit de ses mains, de sa passion, d’un savoir ainsi durement acquis. Parce que la joie des clients est là aussi tangible, parce que la capacité à transmettre ce savoir est là. »

Le président est ensuite revenu sur les mesures prises par le gouvernement : « depuis 2017, beaucoup a été fait dans la loi PACTE, pour simplifier la création d’entreprise, les faire croître, les aider à mieux se financer, à davantage innover, suppression du RSI, amélioration des droits sociaux, création d’une allocation chômage, simplification des démarches, facilitation de l’intéressement, de la participation, etc., etc. Les résultats sont là, et sont sans appel : près d’un million d’entreprises ont été créées en 2021, (..) c’est 20 % de plus qu’en 2020, qui était déjà une année record, (…) il y a évidemment une volonté d’entreprendre dans notre pays. Encore fallait-il simplifier, clarifier, faciliter cela. Et je considère qu’il reste toujours des obstacles à lever, encore. Mais, nous avons levé quelques obstacles pour libérer les énergies des 3 millions de femmes et d’hommes qui ont choisi d’investir leurs vies et leurs économies dans leurs projets, en adaptant en particulier leur statut à leurs besoins réels. » Puis il a rappelé le plan indépendant présenté en septembre dernier lors des rencontres de l’U2P (union des entreprises de proximité) : « plusieurs mesures sont déjà en vigueur depuis le 1er janvier, les autres le seront prochainement, dès que le projet de loi aura été adopté par les parlementaires. Et ce plan répond à une triple exigence. D’abord, vous protéger face aux accidents de la vie. Ensuite, mieux vous accompagner tout au long de votre projet, de la création d’entreprise à sa transmission. (...) Et enfin, simplifier vos démarches, toutes vos démarches. Nous continuerons donc d’avancer, mais ces acquis sont bien là. »

Il a rappelé également les chiffres record du nombre d’apprentis en 2021 (700 000 contre plutôt 250 000 les années passées) et a conclu par ces propos sur l’excellence des métiers manuels : « Tous les métiers dont je vous parle, ces métiers manuels sont des métiers d’excellence. Ce sont des métiers dont notre pays a besoin, dont la nation a besoin. Ce sont des métiers où l’excellence, l’entrepreneuriat sont là et ce sont des métiers où l’apprentissage est une voie d’excellence. Mais nos ingénieurs, nos entrepreneurs, nos universitaires développent et continueront de développer l’apprentissage, car il rapproche l’académique du travail. Et cette séparation est aussi un problème français. Et donc, je souhaite que dans les années à venir, nous continuions à généraliser l’apprentissage pour en faire cette voie d’excellence généralisée qui permettra ce changement culturel. »

Avant la découpe traditionnelle de la galette, il a remis à Dominique Anract les insignes de chevalier de la Légion d’honneur.