A Pâques, Basil Fouquemberg (biscuiterie Eden Picard, au Tréport) a fait des heureux : des enfants intolérants au lactose ou allergiques au lait de vache ont pu manger du chocolat au lait (à 42 % de cacao), à base de lait de chèvre. « Je n’ai pas de problème d’intolérance mais je pense aux autres », indique le jeune patron, titulaire d’un bac pro boulanger-pâtissier et d’un CAP chocolatier-confiseur. L’idée lui est venue en faisant les marchés. « Je discutais souvent avec la productrice de fromage de chèvre. En janvier, elle m’a fourni du lait que j’ai déshydraté (pour une meilleure tenue et conservation) et j’ai commencé mes premiers essais », raconte Basil.

Basil Fouquemberg fait des heureux chez les intolérants au lactose. © B. Fouquemberg

Un dosage gardé secret

« J’ai acheté ma première machine, équipée de meules de pierre pour broyer les fèves de chocolat, le lait de chèvre, le sucre et le beurre de cacao, pendant 24 à 48 heures. La chèvrerie est à 20 km. Tous les deux jours, j’y vais à l’heure de la traite et je récupère le lait pour le faire bouillir et le déshydrater.  » Quant au dosage, Basil précise qu’il dépend de l’intensité recherchée : « Je cherche la douceur», ajoute-t-il. Le goût final peut légèrement changer, le lait collecté variant selons les saisons : « J’explique à mes clients que je travaille avec des produits locaux non transformés. » Il pense à lancer prochainement un chocolat blanc au lait de chèvre.

Parcours de Basil : un jeune homme déterminé

- 2017 : Bac professionnel boulangerie-pâtisserie

- 2018 : CAP Chocolatier-confiseur en alternance à Tourcoing

- A 18 ans, il travaille dans une boulangerie-pâtisserie de Megève « Le patron m’a laissé ma chance car je n'avais aucune expérience et cela a très bien fonctionné et j'y suis resté 3 ans »

- A 21 ans, il se met à son compte : il fabrique ses produits (biscuits, guimauves, nougat, etc.) dans la cuisine de ses parents et les vend sur les marchés.

- Le 1er décembre 2021, il ouvre sa boutique au Tréport « Je suis originaire de Friancourt, pour moi, c’était important de rester dans ma région. J’ai pu l’ouvrir grâce à l’aide de mes parents. Les banques ne font pas confiance aux jeunes de mon âge. Elles pensaient que je me tournerai les pouces alors que je travaille dur dans ma boutique, je suis seul et je ne compte pas mes heures. Quand on aime, on ne compte pas ! »

M.G.