Pour rappel, le décret a 3 objectifs collectifs (conformes à l’article 18 de la Directive européenne sur les emballages et les déchets ménagers, et au principe de libre-circulation des marchandises inscrit dans les traités de l’Union européenne) : atteindre une réduction de 20% des emballages plastiques à usage unique, une réduction de 100% des emballages plastiques à usage unique « inutiles » et la mise en place d’une filière de recyclage opérationnelle pour tous les emballages en plastique à usage unique d’ici 2025.

Pour les atteindre, diverses applications et solutions sont possibles et à intégrer dans une démarche de Recherche&Développement pour les entreprises.

Opter pour la suppression pure et simple de tous les emballages plastiques à usage unique « inutiles », pour les emballages minimums, opter pour des matériaux alternatifs ou l’utilisation de recharge (de vrac) ou encore de la mise en place d’un système de consigne. L’option d’un autre matériau implique sa recyclabilité, la facilitation de son tri ou la réduction de son impact environnemental.

Quels exemples ?

Matériaux :

• La start-up finlandaise Paptic a créé un nouveau matériau, contraction de « Paper » et « Plastic » qui permet , à partir de pâte de bois à fibre longue et du « foam-forming » (remplacement de l’eau pour l’usage de mousse : un mélange d’air, d’eau et de tensioactifs biosourcés, qui sert de vecteur aux fibres cellulosiques), de créer un matériau plus résistant que le papier, avec une capacité d’étirement 20% supérieure et qui peut être cousu, soudé ou zippé et se décliner en divers modèles d’emballages.

• Le PET (polyéthylène téréphtalate), grand favori en termes de recyclage, reste pourtant un produit issu de la pétrochimie. La société Anellotech a breveté un procédé - Bio-TCat - , par un système de pyrolyse utilisant des catalyseurs spécifiques, qui permet d’obtenir un PTA à partir de copeaux de bois durable. Le PTA (l’acide téréphtalique) entre pour 70% de la composition du PET (30% restant est le monoéthylène glycol (MEG)). Cette solution permet d’obtenir un PET végétal.

• Le bio-plastique (à base d’amidon de pomme de terre, d’algues, de canne à sucre ou encore de betterave) comme celui de la marque PackHelp dont le matériau est à base d’amidon de maïs et permet de produire un emballage très résistant et imprimable. La marque propose également des boîtes en carton ou en kraft recyclé

• Il existe également une encyclopédie des matériaux sans plastique, A Plastic Planet, liste par exemple : la fibre de coco, le liège, la fibre de banane, le lin, l’eucalyptus, la fibre d’orange, la canne à sucre, le maïs, les algues, le bambou, la fibre d’ananas, etc..

Emballages compostables - Photo by @john_cameron - Unsplash

Contenants de substitution :

• Les fontaines à eaux ou à boissons : elles permettent de privilégier l’usage de verre, le remplissage de gourdes et également de créer des recettes d’eaux parfumées (orange, citron, concombre, menthe, etc).

• Les contenants comestibles (dont nous vous avions parlé ici) avec la marque Switch Eat.

• Les solutions efficaces sont simples mais impliquent une totale remise en question des habitudes : supprimer purement le plastique ou l’emballage ou opter pour du réutilisable (lunch box en verre personnel ou consigné). L’idéal est de récompenser les actions allant dans ce sens.

Sur le site du gouvernement, voici où en sont les mesures prises depuis 2021 :

Plusieurs mesures ont été prises afin de réduire l’utilisation du plastique au quotidien :

Entrée en vigueur au 1er janvier 2021 :

- La distribution gratuite des bouteilles en plastique dans les établissements recevant du public ou dans les locaux professionnels sera interdite.

- Lors d’évènements festifs, culturels ou sportifs, les sponsors ne pourront plus imposer l’utilisation de bouteilles en plastique.

- Les confettis en plastique seront interdits au 1er janvier 2021.

- Des bacs de tri devront être installés dans les supermarchés. Ils permettront de collecter les emballages achetés après passage en caisse.

- Les boites en polystyrène expansé seront interdites.

- La fabrication et l’importation de sacs en plastique à usage unique sera interdite.

Entrée en vigueur au 1er janvier 2022 :

- Le suremballage plastique des fruits et légumes frais de moins de 1,5 kilogramme sera interdit.

- Les établissements recevant du public seront tenus d’être équipés d’au moins une fontaine d’eau potable accessible au public.

- Les publications de presse et les publicités seront expédiées sans emballage plastique.

- Les sachets de thé et de tisane en plastique non biodégradable seront interdits à la vente.

- Les jouets en plastique, proposés gratuitement aux enfants dans le cadre de menus, seront interdits.

- Coller une étiquette directement sur les fruits ou les légumes sera interdit, sauf si ces étiquettes sont compostables et constituées en tout ou partie de matières biosourcées.

- L’État n’achètera plus de plastiques à usage unique que cela soit pour une utilisation sur ses lieux de travail ou dans les évènements qu’il organise.

A venir :

- La restauration rapide devra, dès le 1er janvier 2023, utiliser de la vaisselle réutilisable pour les repas et les boissons servis sur place (gobelets, couvercles, assiettes, récipients, couverts).

Quelles solutions :

- Introduire une consigne mixte pour réemploi et recyclage

- Favoriser le vrac pour réduire les emballages (les vendeurs de boissons à emporter doivent proposer une tarification plus basse lorsque la boisson est vendue dans un récipient réemployable apporté par le consommateur. La mesure est entrée en vigueur dès promulgation de la loi.)

- Rajouter un filtre à microfibres plastiques sur les lave-linges neufs

- Mieux informer le consommateur, en rendant le tri plus efficace grâce à un logo unique, des modalités de tri et une harmonisation de la couleur des poubelles (la loi prévoit une série de mesures pour faciliter le geste de tri : logo unique, la couleur des poubelles sera harmonisée sur l’ensemble du territoire afin de faciliter le tri)

- Stopper l’impression systématique des tickets de caisse

- la loi met fin à l’élimination des invendus non alimentaires, les sanctions envers ceux qui détruisent ou détériorent les denrées alimentaires invendues sont renforcée

Plus d’informations sur le site du gouvernement ici.

Toutes les initiatives qui iront dans ce sens permettra d’atteindre ces objectifs collectifs. Par exemple, le Collectif des festivals accompagne les festivals dans leurs démarches de développement durable : avec le collectif R2D2, et Zero Waste France, ils ont imaginé un nouvel outil au service des évènements qui souhaitent réduire leurs déchets : un logo commun « Sors tes couverts », à disposition de tous les évènements français (ou francophones !). Via un jeu de 11 logos, qui sont à disposition de tous les acteurs de l’évènementiel, l’idée est d’inciter les participant·es d’un évènement à apporter leur gobelet, ou leur gourde, ou leurs couverts, ou les 3. Le kit est téléchargeable ici.

Logo Sors tes Couverts