Au-delà des des informations anxiogènes (ou des informations simplifiées), ou la vue des feuilles des arbres qui tombent comme phénomène de protection dans ce contexte de séchéresse, pour rester informer sur la situation hydrologique, il est possible de lire le rapport EauFrance, le service public de l’information de l’eau qui publie un rapport tous les mois.

Le dernier date du 20 juillet (disponible ici) et établit un rapport sur les mois de mai et juin, déjà fort secs : « Ce mois de juin se classe au 2ème rang des mois de juin les plus chauds depuis le début du XXe siècle avec une température moyenne de 21.2 °C, soit 2.3 °C au-dessus de la normale*».

Au 11 juillet 2022, 68 départements ont mis en œuvre des mesures de restrictions des usages de l’eau. À titre de comparaison, 15 départements étaient concernés en 2021 et 31 départements étaient concernés en 2020.

Le 5 août 2022, 93 départements sont concernés par une restriction au-delà de la vigilance, sur au moins une partie du territoire : 4 en alerte, 23 en alerte renforcée et 66 en crise.

Pour connaître les mesures de restrictions d’eau et consulter les régions de France concernées, le site Propluvia, le site de l’information sécheresse du Gouvernement propose une carte ainsi qu’un état de la situation (5 août) ici :

Carte consultable sur

Ce qui signifie selon Propluvia :

Sécheresse et agriculture

Entre juin et août, 80% de l’eau est consommée par l’agriculture. Limiter l’irrigation à « la bonne dose au bon moment » permet par endroit de diminuer la consommation de 30%. Les économies d’eau dans ce secteur sont globalement encouragées : amélioration du matériel d’irrigation, changement de pratiques, choix de cultures moins consommatrices d’eau. Les légumineuses, racines et tubercules consomment beaucoup moins d’eau que le maïs qui demande une grande quantité d’eau à une période de l’année où la ressource est la moins abondante...

Réduire sa consommation d’eau

Les particuliers sont eux aussi invités à faire des économies d’eau et à réduire leur consommation : en prenant des douches à la place des bains, en installant des chasses d’eau double flux et des réducteurs de pression sur les robinets ou en réutilisant l’eau de pluie.

Des mesures d’économie d’eau sont également préconisées auprès des industriels : amélioration des modes opératoires pour les rendre plus économes en eau, utilisation de l’eau en circuit fermé, recyclage des eaux de nettoyage.

Carte des régions concernées par la crise (site

Le Comité d’Anticipation et de suivi hydrologique a émis un rapport le 13 juillet 2022 (disponible ici) et dresse ainsi la situation :

- « Sur les 3 derniers mois, des sols extrêmement secs concernent le nord de la France, les régions

PACA et AuRA et ponctuellement le Grand-Est. Ailleurs ils sont secs à très secs à l’exception du

littoral du Languedoc, du Nord de l’Aquitaine et au sud du bassin parisien

Synthèse de la situation hydrologique (DEB) :

- «3ème printemps le plus chaud et le plus sec jamais enregistré en France

- un mois de juin excédentaire sur l’ensemble du pays à l’exception de la Corse et du Sud-Est

- niveaux bas, voire très bas pour les nappes : Alsace, couloir Rhône Saône, PACA, Corse, ex-région Poitou Charentes, Touraine, CVL

- des sols extrêmement secs concernent le nord de la France, les régions PACA et AuRA et ponctuellement le Grand-Est

- prévisions: sur les 3/4 sud , un trimestre Juillet-Août-Septembre probablement plus sec que la normale»

Quelques éléments pour chaque bassin :

Point de situation dans les bassins
Point de situation dans les bassins
Point de situation dans les bassins
concernant les restrictions.

Les recommandations proposées pour la feuille de route du gouvernement :

L’anticipation pour permettre d’anticiper les mesures nécessaires à la préservation de la ressource en eau et veiller aux enjeux d’eau potable, d’agriculture et de production d’énergie à l’aide de plusieurs leviers tels que :

- accompagner les filières agricoles dans leur stratégie d’adaptation au changement climatique

- améliorer la résilience des territoires et la gestion de la ressource en eau (optimiation des retenues existantes, création de nouvelles retenues, réutilisation des eaux usées traitées, économie d’eau)

- soutenir les collectivités territoriales dans leurs initiatives visant à économiser l’eau (action contre les fuites dans les réseaux, sécurité)

- améliorer la résilience des milieux naturels pour garantir la pérennité des usages, notamment la désimperméabilisation des espaces urbains par la création d’infrastructures naturelles, déconnexion des eaux pluviales pour infiltration, qui favoriserait le rechargement des nappes et réduirait la pollution des eaux.

Les seuils et leurs conséquences pour les acteurs

Quatre niveaux de limitation ont été définis : vigilance, alerte, alerte renforcée, crise.

Les mesures de limitation des prélèvements sont progressives et adaptées aux différents usagers :

• Usages domestiques : sensibilisation, puis limitation de plus en plus forte des prélèvements pour l’arrosage des pelouses, des espaces verts, le lavage des voitures, le remplissage des piscines jusqu’à l’interdiction totale de ce type d’utilisation (hors usage eau potable).

• Agriculture (80% des consommations d’eau sur la période estivale) : interdiction d’irriguer 1 jour par semaine, plusieurs jours par semaine ou à certaines heures jusqu’à l’interdiction totale de l’irrigation.

• Industrie : des mesures spécifiques ont été prises sur les unités les plus consommatrices : mesures imposant une réduction progressive d’activité, le recyclage de certaines eaux de nettoyage, la modification de certains modes opératoires.

Exemple de mesures à mettre en place,
Exemple de mesures à mettre en place,

Bon à savoir :

L’indemnisation des agriculteurs en cas de restrictions

Lorsqu’une sécheresse entraîne une « calamité agricole », les agriculteurs peuvent être indemnisés par un fonds spécial : le Fonds national de garantie des calamités agricoles (FNGCA), alimenté par l’Etat et les agriculteurs (contribution additionnelle aux primes d’assurance de leurs contrats d’assurance).

Après reconnaissance d’une calamité agricole par le ministre en charge de l’agriculture, le fonds indemnise les exploitations sinistrées. Ces indemnités couvrent en moyenne 30% des dommages.