Bénéficiant depuis 1996 d’une IGP (indication géographique protégée), la Bergamote de Nancy est le seul bonbon en France ayant reçu ce label de protection européenne. Il a permis d’imposer un cahier des charges précis (essence d’origine naturelle, taille, transparence, couleur, commercialisation uniquement en emballages individuels).

L’histoire de cette confiserie est liée à celle du bergamotier apparu en Italie entre les XIVe et XVe siècles. C’est en perçant la peau du fruit du bergamotier que l’on extrait un jus verdâtre, l’essence de bergamote. Pendant longtemps, celle-ci n’a eu aucune utilité, jusqu’au jour où un colporteur Italien a mis au point avec son neveu une formulation de l’Eau de Cologne incluant de l’huile volatile de bergamote. Les cours royales européennes s’entichent alors de ce parfum. En Lorraine, Joseph Gilliers, le chef de cuisine du roi Stanislas, écrira en 1751 un ouvrage de gastronomie détaillant une recette de pastille parfumée à l’essence de bergamote. En 1845, Jean-Frédéric Godefroy Lillig, un confiseur originaire d’Allemagne, ouvre une pâtisserie-confiserie à Nancy. En 1850, sur l’idée d’un ami parfumeur, Lillig marie l’essence de bergamote au sucre cuit et donne au bonbon sa forme carrée.

Au milieu du XIXe siècle, nombreux furent les confiseurs nancéiens à s’approprier cette sucrerie, comme les Maisons Lefèvre et Lalonde, qui ont toujours pignon sur rue.

C’est lors de l’Exposition internationale de Nancy de 1909 que la Bergamote de Nancy acquiert une notoriété internationale mais dont la diffusion est restée locale.

Dominique Péronne