Fondée en 1932 à Sablé-sur-Sarthe, la Maison Drans a longtemps été une affaire florissante et familiale, transmise d’une génération à l’autre jusque dans les années 1990-2000. La biscuiterie tombe alors peu à peu en désuétude. En 2016, la liquidation est prononcée. Un entrepreneur décide de redorer le blason de ce fleuron de la gastronomie locale. L’identité est dépoussiérée et l’atelier de production modernisé. Fin 2018, c’est au tour d’Alexandra et Antoine Legmann-Pelletier de reprendre les rênes de l’entreprise. Diplômés d’écoles de commerce, les deux Parisiens rentrent d’expatriation à Shanghai avec l’envie de conjuguer leurs aspirations et compétences dans un projet d’entrepreneuriat. Experte en innovation et marketing culinaire, Alexandra a travaillé pour l’industrie agroalimentaire, tandis que son mari développait ses capacités de gestion dans la cosmétique.

Avec le couple, ils sont sept à œuvrer aujourd’hui au renouveau des biscuits Maison Drans.

Exit les arômes, place aux ingrédients naturels

Avec son histoire et son savoir-faire, la Maison Drans offrait un vrai potentiel à révéler. Alexandra et Antoine commencent par rafraîchir la gamme de produits en optimisant les matières premières : farine de tradition, beurre AOP et œufs de plein air de Loué. « Un dernier ingrédient qui fait la différence pour des sablés croquants puis fondants en bouche, sans s’effriter grâce à la technique de fabrication artisanale à base de pâte pressée », note Antoine. Exit aussi les arômes, place à des ingrédients naturels et de qualité, comme sur le sablé au citron, l’une des références phares de la maison, conservée par le couple. Des parfums sont supprimés, d’autres créés (avec le soutien de la petite équipe de production historique de la maison), davantage dans l’air du temps pour séduire un nouveau public, plus jeune : caramel, noisettes, cannelle, etc. Idem côté formats avec l’apparition de mini-biscuits pour les bords de tasse et des moulages pour Pâques ou Noël, ainsi que des possibilités de personnalisations, plébiscitées par les entreprises. « Cela nous a permis d’élargir notre réseau professionnel et de gagner en notoriété auprès de leurs salariés », observe Alexandra.

S’inspirer du passé pour nourrir le présent.

Partenariats sélectifs

En marge du travail sur la gamme, avec le lancement de crackers salés en plus des sablés, tuiles aux amandes et Croq’Amour (bouchées meringuées), Alexandra et Antoine œuvrent au développement commercial de la marque à l’échelle régionale, en étoffant leur réseau de revendeurs et en misant sur des partenariats sélectifs avec l’enseigne Palais des thés ou la SNCF cet été. Après deux ans de tests, des projets de magasin sont dans les tuyaux. Une renaissance en douceur dans le respect de la réputation d’excellence de la maison (validée par une entrée au Collège culinaire de France) et de son héritage, cultivé par le couple notamment via les réseaux sociaux et le packaging. Symboliques, les boîtes en métal ont refait leur apparition, avec un design modernisé mais sans omettre un clin d’œil au passé pour les anciens. Quant aux plus jeunes, ils sont invités à participer à des ateliers « Apprentis biscuitiers » (hors Covid), histoire de continuer à transmettre le goût des sablés.

Barbara Guicheteau