L’actualité a de quoi remplir les unes sur les initiatives solidaires lancées par les pays du monde pour venir en aide à l’Ukraine, dont des figures de proue de la gastronomie derrière les célèbres hashtags #StandforUkraine, #CookforUkraine, ou encore #BreadforUkraine : le chef José Andrés, la cheffe Clémence Gommy (restaurant Gomi, Paris), l’initiative de Relais Desserts, celle du boulanger Stéphane Ravacley (La Huche à Pain, Briançon), ou encore celle du boulanger Quentin Sany (Le Pain du Gone, à Lyon)… On peut décrier les réseaux sociaux pour leur fausseté, leur incitation à la surenchère de show-off et leur emprise sur les tendances, mais ils permettent aussi de créer du lien humain.

Ce qui mérite d’être souligné positivement, c’est le phénomène d’amplification qu’ils apportent. Toutefois, en encourageant le mimétisme, ils impliquent l’obligation tacite d’agir quand ne rien dire ou ne rien faire devient, a fortiori, critiquable. Par conséquent, maintenir un discours sur le climat et l’environnement a pu avoir été mal perçu. Des causes à soutenir, les migrants ou autres, il y en a tristement beaucoup et depuis longtemps : Ukraine, Syrie, Nigeria, Yémen, Sahel, Éthiopie, Myanmar, Irak, Afghanistan, Sud-Soudan, République démocratique du Congo, Venezuela...

Rappelons-le : les premières conséquences climatiques impacteront les individus. Agir dans l’intérêt collectif est une urgence. Attention : montrer ce qu’on fait n’est pas être, et faire n’est pas consubstantiel à montrer : faire savoir est une mode qui ne doit pas se substituer à une action sincère qui peut être engagée dans l’ombre et impacter tout autant.

Lê Thi Mai Allafort