Ils sont nombreux les boulangers qui finissent par « craquer » et, lassés de voir que leurs efforts ne servent à rien, par abandonner la partie face aux nuisibles. Les indésirables finissent toujours par déjouer les pièges et par revenir, inlassablement attirés par ce fabuleux garde-manger que constitue une boulangerie.

Les lampes UV des destructeurs d'insectes sont à remplacerchaque année au début du printemps.  

Guerre de position Le problème est que l'approche de « monsieur tout le monde » avec des produits grand public s'avère bien souvent insuffisante dans une entreprise de production alimentaire. « L'éradication des nuisibles est relativement fastidieuse et complexe. Si on veut obtenir des résultats durables, il faut y passer du temps et de l'énergie ! Il faut surtout avoir une connaissance approfondie de la biologie et du comportement des nuisibles. Savez-vous par exemple que les souricides sur graines fonctionnaient bien autrefois, quand notre alimentation était composée de pain et de produits céréaliers ? Mais aujourd'hui, ces appâts ne sont plus aussi attractifs car les souris, qui se sont adaptées à l'évolution de notre régime alimentaire, préfèrent des formulations plus riches en sucre, en graisse et en protéines.

Autre exemple : la blatte américaine, qui recherche la chaleur et l'humidité, nichera derrière les armoires de froid ou de fermentation, dans les chauffe-eau ou à proximité des fours. C'est dans ces lieux insoupçonnés qu'il faudra agir en priorité. Beaucoup de personnes ne savent pas non plus que les oothèques de blattes (capsules renfermant les oeufs ; voir La Toque Magazine N° 229, p. 34) résistent aux produits chimiques. Après un traitement soigneux, une nouvelle vague d'infestation apparaît fréquemment. Il faut donc systématiquement intervenir une seconde fois avant que la génération d'après arrive à l'âge adulte », conseille Hémir Horch, responsable technique et commercial chez Bug-Busters à Nantes (44). Pas de doute : dératiseur-désinsectiseur, c'est bel et bien un métier… Avec un contrat annuel situé entre 400 et 800 euros, cela peut valoir le coup de déléguer cette tâche ingrate, source d'énervement et d'épuisement.

Le nettoyage approfondi des silos est le seul moyen de lutte efficace contre la teigne.

Sommet de l'iceberg Mais un frein perdure en boulangerie-pâtisserie : « l'artisan a du mal à avouer qu'il rencontre des problèmes de nuisibles chez lui. Dans l'imaginaire collectif, le rat ou la blatte sont synonymes de saleté profonde. Pour lui, un dératiseur n'a rien à faire dans son entreprise. Pourtant, rares sont ceux qui n'ont aucun souci. Même les établissements les plus hygiéniques peuvent être touchés ! Nul n'est en fait à l'abri. Le boulanger peut aussi penser que de voir passer une souris ou un cafard, ce n'est pas si grave. Il ne sait pas que s'il aperçoit un individu en journée, c'est en fait toute une population qui est tapie dans l'ombre. Il faudra donc agir sans attendre. Même lorsqu'il n'y a plus d'ennemi en vue, il faut les tenir à distance. Les techniques de monitoring, telles que des plaques de glue, permettent de se faire une idée du niveau d'infestation et des axes de passage. On peut agir ainsi en conséquence avec un impact très fort. On peut aussi suivre les populations sur le long terme pour détecter toute résurgence », ajoute-t-il. Il ne faut donc jamais relâcher la pression. C'est le seul moyen de se débarrasser totalement des nuisibles.

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par Armand Tandeau (publié le 10 juin 2013)