Dans le cadre de son repositionnement d’identité (« Un grain d’audace, un choix d’avenir ») et de son plan RSE (À table), Grands Moulins de Paris (GMP) consolide son plan d’actions. La volonté de rapprocher consommateurs et agriculteurs, d’élaborer des aliments bons et sains et de soutenir les artisans dans leur quotidien, notamment à travers la digitalisation des services (les artisans peuvent désormais commander en ligne 24 heures/24 et 7 jours/7 sur le site internet de GMP), est au cœur de son approche. « Les attentes sur les modes de production sont très vives, explique Claire Madoré, directrice marketing et e-business chez GMP. Selon l’étude Kantar Food 360 de 2020, 77 % des Français sont intéressés par les innovations alimentaires qui respectent l’environnement et préservent les ressources naturelles et 69 % privilégient les produits alimentaires fabriqués dans leur région ou près de chez eux. Les consommateurs font aussi un lien direct entre alimentation et santé. Ils sont de ce fait très attentifs à la provenance et aux conditions de culture des matières premières et aux engagements des producteurs ou des transformateurs. L’artisan boulanger doit s’emparer de ces sujets dans sa production, mais aussi dans sa communication. De notre côté, nous progressons dans nos engagements et adaptons régulièrement notre offre de produits. »

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Les récoltes de blé sont stockées sans insecticides à proximité du moulin.

A. Coeuret

Toujours plus vert

En termes de développement durable, GMP ne part pas de rien. Les blés utilisés dans les huit moulins régionaux proviennent de cultures situées en moyenne dans un rayon de 125 km autour du moulin. Pour certains sites, le transport du blé s’effectue jusqu’à 60 % par péniche (Paris-Gennevilliers) et jusqu’à 90 % par train (Marseille). D’autre part, 100 % du blé est d’origine France et, depuis 2020, garanti à 100 % sans insecticides de stockage. Le meunier est engagé également en filières, notamment à travers le Label Rouge, la Culture raisonnée contrôlée (CRC) ou l’Agriculture biologique. « Le marché du bio est structurellement dynamique, indique Claire Madoré. Deux moulins (Brienne et Surgères) produisent de la farine bio. Leur capacité pourrait augmenter à moyen terme, suivant la demande. Après la gamme Moule-Bie Bio (T65, T80, T110, T150 et mélanges), nous sortons deux nouvelles références : Campaillette Grand siècle Bio (T65 pour tradition française) et Campaillette Bio (T65 pour pain courant). »

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Le moulin de Paris-Gennevilliers est principalement approvisionné par péniche.

C. FAIMALI

Une terre vivante

Le meunier lance aussi sa première référence Cœur d’épi, issue d’une agriculture de conservation des sols. Il s’agit d’une gamme de farines à distribution régionale. La première du genre (T65 pour pains courants) sera fabriquée au moulin de Brienne-le-Château (Aube) avec des blés cultivés à moins de 100 km (bassin de récolte de la coopérative Vivescia) et sera destinée aux régions Grand-Est et Île-de-France. Le cahier des charges repose sur des techniques agroécologiques dont l’objectif est de favoriser la vie biologique du sol et la biodiversité, de limiter les intrants et d’assurer une rémunération fixe des agriculteurs (via un contrat de trois ans). Hélène Barthélémy, agricultrice sous contrat Cœur d’épi, installée à Fagnières, près de Châlons-en-Champagne (Marne), témoigne : « L’agriculture de conservation des sols repose sur l’abandon du labour profond, la mise en place de couverts végétaux en interculture et la rotation longue avec des cultures variées qui enrichissent le sol (colza, féverole….). Nous préservons ainsi la structure naturelle du sol et nous y retenons la matière organique. Nous favorisons aussi la biodiversité (vers de terre, micro-organismes, insectes.…), la séquestration du carbone (lutte contre le réchauffement climatique) et la rétention de l’eau (résistance à la sécheresse). Plus résiliente, l’agriculture de conservation permet de diminuer les intrants et de transmettre aux générations futures une terre fertile en bonne santé. »

Hélène Barthémémy, agricultrice sous contrat Cœur d’épi dans la Marne. © GMP

Innovation végétale

Dans le même esprit, GMP propose une innovation remarquable : le Berrouga. Il s’agit d’un mélange pour pain rustique, riche en protéines végétales et élaboré à partir d’ingrédients français : pois cassés et lentilles Beluga du Val de Loire, petit épeautre et lentilles vertes IGP Label Rouge du Berry. Ce produit s’inscrit dans la tendance de la consommation locale et du flexitarisme (végétarisme flexible) avec une promesse forte sur le goût et la santé. Les légumineuses jouent également en faveur d’une agriculture durable car elles fonctionnent parfaitement en rotation ou en interculture avec le blé. Dans le futur, les pains gourmands aux légumes secs devraient se développer pour toujours plus de plaisir, de santé et de responsabilité. À vous, artisans, de passer le relais ! 

Armand Tandeau
© GMP