L'embauche de personnel impose à l'exploitant de pourvoir à un « minimum » de confort. Ce « minimum » est prévu essentiellement par le code du travail et la législation sur l'hygiène. Il s'applique aux sanitaires (cabinet d'aisance, lavabo, douche) et aux vestiaires qui doivent répondre à certains critères de convenance et d'hygiène. Le point sur les exigences impératives, les dispositions « négociables », les recommandations professionnelles et les pistes de bon sens pour améliorer le confort au quotidien.

La douche n'est pas exigée par la loi, ni recommandée par les instancesde santé au travail.

Les cabinets d'aisance• Les WC doivent être en bon état de fonctionnement et situés dans des cabinets d'aisance individuels de dimension convenable, maintenus propres et en bon état. La désinfection quotidienne des lieux est requise. • Les cabinets d'aisance doivent être chauffés, éclairés, ventilés, fermés par une porte (munie d'un dispositif de fermeture décondamnable par l'extérieur en cas d'urgence) et ne pas donner directement sur les zones de fabrication. Dans le cas d'un local sanitaire à plusieurs cabinets, un système commun de chauffage, d'éclairage et de ventilation suffit. • Chaque WC doit être doté d'un lave-main (disposé dans le cabinet d'aisance ou en sortie) avec arrivée d'eau tiède (robinet mitigeur). Celui-ci doit être équipé du matériel pour le lavage/ séchage hygiénique des mains (gel nettoyant-désinfectant recommandé), pourvu de papier hygiénique et d'une petite poubelle, toujours disponibles. • Il faut compter a minima un WC par tranche de 1 à 10 hommes ou 10 femmes, ou deux WC séparés hommes/femmes pour 1 à 20 personnes en cas de personnel mixte (avec plaques de signalisation). L'effectif à considérer est celui présent au même moment sur le lieu de travail. Si l'équipe masculine dépasse 10 hommes, alors vous pouvez ajouter un urinoir. Si l'équipe féminine prend le relais sur l'équipe masculine, alors un seul WC peut être accepté. • Les cabinets d'aisance doivent être conçus pour les salariés à mobilité réduite. L'Inspection du Travail peut accepter des dérogations sur ce point, ainsi que dans d'autres situations « compliquées », notamment dans le cas où la configuration des locaux ne permettrait pas de mettre un autre WC pour la gente féminine (ne vous interdisez pas de les embaucher pour cela !).

Bon à savoir Code du Travail,R-4228-16.

Douches et lavabos• La douche représente bien souvent un point obscur pour les artisans, ne sachant pas vraiment si celle-ci est exigée, vivement recommandée ou simplement utile. Sachez donc que la pose d'une douche sur le lieu de travail n'est ni exigée par le Code du travail (la boulangerie-pâtisserie ne fait pas partie de la liste des activités salissantes et insalubres), ni par la législation sur l'hygiène, ni préconisée par les organismes de prévention des risques professionnels tels que le RSI pour les chefs d'entreprise (RSI Prévention pro) ou la CNAMTS pour les salariés R439, en partenariat avec l'INRS). • Cela dit, comme l'activité reste relativement salissante et qu'elle produit des poussières de farines susceptibles de nuire à la santé des travailleurs allergiques (asthme, dermatose), il est impératif de prévoir une tenue professionnelle (avec couvre-chef) à laisser sur place (ou à emporter dans un sac plastique). En prévention du risque allergique, mais aussi de la carie du pâtissier (provoquée par les poussières de sucres), il est raisonnable de prévoir une salle d'eau avec un lavabo (voire une douche) pour l'hygiène personnelle (voir encadré).

Les armoires doivent permettrede suspendre au moins deux vêtementsde ville et, dans un autre compartiment, une tenue de travail sale.

Les vestiaires• Les vestiaires peuvent être collectifs, mais unisexes. Des installations séparées hommes/femmes doivent être prévues si le personnel est mixte (vous pouvez décaler les horaires d'arrivée et de départ si vous n'avez pas la possibilité d'aménager deux vestiaires). • Ils doivent être installés dans un local éclairé, ventilé, chauffé, en bon état (et maintenu propre), de surface convenable (au moins 1 m2 par personne), non situé dans les zones de travail, mais facilement accessible par les salariés. • Ils doivent être équipés d'un nombre suffisant de sièges et d'armoires individuelles (ininflammables et munies d'une serrure ou d'un cadenas). Vous pouvez prévoir des casiers plus larges, des porte-manteaux ou des étagères complémentaires pour les blousons, chaussures, sacs, casques…

Le confort de travail : un atout séduction Se conformer aux exigences requises par la loi est déjà une bonne chose pour séduire, fidéliser et motiver le personnel. Mais sans tomber dans la surenchère du luxe (un sauna n'est pas interdit !), certains services peuvent faire la différence : • une salle de pause avec une table et des chaises : pour prendre un café ou un sandwich ou tout simplement pour se reposer et discuter. Vous pouvez aussi y installer une cafetière et un four micro-ondes ; • une salle d'eau : pour l'hygiène personnelle avec un lavabo équipé d'un miroir et pourquoi pas une douche (assurant l'intimité individuelle). Les salariés pourront ainsi se laver les dents (prévention de la carie), éliminer toute trace de farine (prévention de l'asthme) ou se refaire « une beauté » avant de quitter le travail ; • une lingerie : avec lave-linge et tout le matériel pour laver, sécher et repasser les tenues professionnelles.

par Armand Tandeau (publié le 5 mai 14)