Évaluer l’état psychologique des salariés n’est pas aisé. Les passions négatives sont souvent ignorées, mésestimées ou dénigrées. Pourtant, être en mesure d’évaluer les troubles psychosociaux et d’en identifier les causes internes (engendrées par le fonctionnement même de l’entreprise), sans faire l’amalgame avec les causes externes ou normales (sautes d’humeur, soucis personnels, confinements imposés, etc.), peut permettre de mettre en place des solutions préventives ou curatives.

Les causes

Les causes internes à l’origine du mal-être des salariés peuvent être nombreuses : harcèlement, sexisme, sentiment d’insécurité ou d’inutilité, pénibilité des tâches, valeurs du dirigeant non partagées, absence de vision sociétale ou écologique, mauvaise ambiance, perte de sens, surcharges chroniques, consignes changeantes ou floues, machine dangereuse, sol glissant, tromperies sur la qualité des produits, risque de braquage… ll est important d’identifier les facteurs qui pèsent sur le moral pour tenter d’y remédier. Bien sûr, tout n’est pas possible, ni envisageable (le travail a toujours une part fastidieuse, le salaire ne peut pas toujours être réévalué, les horaires sont ce qu’ils sont, etc.). Lorsque les signaux négatifs (conflits, tensions, arrêts de travail, absences, problèmes de transmission, fautes d’inattention, individualisme...) gagnent du terrain, il peut être bon d’analyser la situation de manière cartésienne.

Savoir déléguer

Avant de se perdre dans des solutions techniques pour identifier les problèmes de l’organisation, il faut parfois se rendre à l’évidence : le nœud du problème, c’est.… vous. Il n’est pas rare en boulangerie-pâtisserie que des artisans ayant réussi dans leur entreprise se retrouvent à la tête d’une grosse équipe, sans l’avoir forcément choisi. Ils peuvent alors déchanter et prendre conscience qu’ils ne sont pas à la hauteur dans ce rôle de manager. Poussés à bout, ils peuvent verser dans un mode dur  (management par la peur avec un penchant pour le harcèlement, la violence verbale ou physique, le dénigrement...) ou un mode mou (management par la fuite avec des directives floues/absentes, malaisance relationnelle, incapacité à trancher et à entraîner...). Si manager vous rend malade, il est peut-être temps de passer le relais à un collaborateur expérimenté ?

Les bons outils

Diverses start-ups (Bleexo, Octomine, Popwok, Rhéplik...) ont développé des solutions de suivi et d’analyse du climat psychosocial et proposent des enquêtes courtes et digitalisées (appli, web) basées sur trois principes : l’anonymat, la récurrence et la rapidité. Ces questions sont envoyées aux salariés à une fréquence régulière (tous les mois, idéalement). La solution Octomine est entièrement personnalisable, notamment sur le choix des questions posées (voir ci-dessus). Il est conseillé de choisir des thématiques universelles (donnant une idée du climat global) et/ou plus spécifiques à votre situation (risques liés à l’activité). L’algorithme du système fait une synthèse des remontées et propose des pistes de progrès au manager. Il peut ainsi recadrer les dérives, consolider ce qui fonctionne ou engager une réflexion de fond à plus long terme.

Armand Tandeau