Le cadre légal

La loi de transition énergétique pour la croissance verte (2015) et la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (2020) portent de grandes ambitions écologiques pour la France : réduire de 75 % les émissions de gaz à effets de serre à l’horizon 2050 (par rapport à 1990), augmenter la part des énergies renouvelables sur la consommation totale à 32 % en 2030, réduire de 50 % la quantité de déchets mis en décharge en 2025 (par rapport à 2012), recycler 100 % des emballages en 2025, sortir à 100 % du plastique jetable en 2040, etc. Depuis, de nombreux décrets d’application ont vu le jour concernant le recyclage, le tri et la valorisation des déchets. Il est plus que probable que de nouveaux textes viennent renforcer les dispositions. Anticipez !

Les biodéchets

En 2025, tous les professionnels produisant des biodéchets auront l’obligation de mettre en place le tri à la source et la collecte sélective en vue du recyclage. Ainsi, tous les déchets non dangereux, biodégradables, compostables et fermentescibles, provenant des parcs et jardins, des ménages, des restaurants, des traiteurs et magasins de vente au détail et des établissements de production ou de transformation alimentaires devront donc être récupérés, triés et collectés par un service spécialisé (privé ou communal), comme, pour la boulangerie, les huiles et graisses usagées, les invendus alimentaires non consommables, les résidus végétaux ou animaux, les déchets de cuisine et de table et les produits périmés. En 2030, la transformation alimentaire et la restauration devront également réduire de 50 % leur gaspillage alimentaire (par rapport à 2015). Optez pour les solutions digitales qui permettent de donner une seconde vie à vos invendus du jour.

Les emballages

Le décret « 5 flux », publié en mars 2016, oblige les producteurs de déchets recyclables (supérieurs à 1 100 litres par semaine, tous déchets confondus) à mettre en place le tri à la source et la collecte du papier/carton, du métal, du plastique, du verre et du bois. Les cagettes, emballages cartonnés ou en bois, les boîtes de conserve ou les bouteilles et bocaux doivent être triés et collectés par un service spécialisé (privé ou communal). En 2025, un sixième flux intègre la liste : les textiles (torchons, chiffons, couches de panification, blouses abîmées…). Il est probable qu’à terme le seuil de 1100 litres par semaine (qui concerne déjà de nombreux commerces) soit abaissé. Commencez à y réfléchir car bientôt nul ne pourra échapper à cette obligation de recyclage.

Les plastiques

Le décret « 3R » (« réduire, réemployer, recycler»), publié en avril 2021, fixe les objectifs de réduction, de réemploi et de recyclage des emballages plastiques à usage unique à l’horizon 2025. Il prévoit l’interdiction des plastiques de service (touillettes, pailles, couverts jetables, couvercles de gobelets, boîtes en polystyrène expansé…) en 2021, des suremballages alimentaires en plastique (fruits et légumes, fromages, viandes...) en 2022 et de la vaisselle jetable en 2023 (restauration rapide sur place). Les plastiques réutilisables/compostables, les consignes (verre, métal, bois) et la vente en vrac seront au contraire renforcés. Dans le futur, le plastique ne sera plus si fantastique !

La profession s’engage dans le recyclage

La Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française (CNBPF) entre au conseil d’administration d’Adelphe, une société privée agréée par l’État pour mettre en œuvre le recyclage des emballages en entreprises. Dominique Anract, président de la CNBPF, y siégera pour accompagner le recyclage en boulangerie-pâtisserie.

Armand Tandeau