Tout le monde aime rire. C'est humain et cela fait du bien ! Dans un contexte général franchement morose, ressortir d'un commerce avec le sourire est précieux… et donne envie d'y retourner. Une clé utile pour dérider vos clients, augmenter votre chiffre d'affaires, vous différencier de la concurrence, mais aussi améliorer l'ambiance au sein de votre entreprise. Voici quelques exemples de drôles d'initiatives réussies.

Idée n° 1 : Le sourire, service minimum N'est pas gai luron qui veut. Ne vous forcez surtout pas à faire des blagues si cela ne vous ressemble pas : vous tomberiez à plat. En revanche, toute relation commerciale se bonifie quand elle est menée avec bonne humeur. Vendeurs et vendeuses, cultivez votre « banane » et les répliques positives.

Idée n° 2 : Clin d'oeil On peut être très sérieux et s'autoriser une fantaisie de temps en temps. Comme Une Souris et des Hommes, pâtisserie-librairie à Paris (La Toque n° 252), qui s'amuse de son nom en ajoutant une porte adaptée à la taille d'une souris juste à côté de l'accès à son laboratoire. Même esprit au Recommandé (La Toque n° 250), qui décline les codes postaux dans toute sa boutique installée dans un ancien relais PTT… Du vélo du facteur au meuble de tri, en passant par la boîte aux lettres, qui sert de dévidoir à papier dans les toilettes.

Les figurines du Kamasutra,  par le chocolatier Jacques Bockel,sont soigneusement emballées:pas question de choquer !

Idée n° 3 : Du décalage Amuser, c'est avant tout surprendre. • Vous pouvez jouer avec les mots pour renommer vos créations. Les desserts fruités s'y prêtent aisément : « J'ai la pêche », « Pour ma pomme » ou « Ramène ta fraise » sont bien plus ludiques que « tarte à… ». La forme des gâteaux peut également évoluer de manière plus joyeuse. • Le chocolatier Jacques Bockel, en Alsace, aime taquiner ses clients avec des moulages originaux. Ses cigares du Pharaon, paniers de légumes et figurines du Kamasutra font sourire les clients quand ils les achètent… et les offrent !

Idée n° 4 : De la mise en scène En riant de vous-même, vous ne risquez pas de vexer qui que ce soit. Les figurines du Kamasutra, par le chocolatier Jacques Bockel, sont soigneusement emballées : pas question de choquer ! À Saint-Martin-d'Hères (38), Sébastien Mandikian n'a pas hésité à se déguiser pour présenter sa recette des bugnes de Carnaval. Sa vidéo potache, postée sur la page Facebook des Petits Pains de Manon, a été vue plus de 2 000 fois.

Idée n° 5 : Associer les clientsLes blagues sont encore plus drôles quand elles sont partagées. Pour peu que vos clients soient joueurs, le fou rire n'est pas loin ! • Proposez un concours pour trouver le nom d'un gâteau ou créer une recette, avec la promesse de les recevoir en avant-première. • Mettez-les au défi , comme Sébastien Mandikian qui récompense, selon les moments de l'année, ceux qui arrivent avec des couettes, au volant d'une vieille guimbarde, en pyjama… Entre ceux qui jouent le jeu et les curieux, il y a forcément de nouveaux consommateurs !

Idée n° 6 : Éviter les pièges • Pour ne fâcher personne, fuyez les sujets politiques, religieux, discriminants…De manière générale, tout ce qui peut heurter est à proscrire. • Que vous soyez à l'aise est essentiel : la moindre gêne ou hypocrisie gâcherait la plaisanterie. • Évidemment, la qualité doit être là, pour les produits comme pour le service. Sinon, vous aurez juste l'air de vous moquer de vos clients.

L'avis de l'expertChristophe Lucas, directeur de création de l'agence de communication Des Ronds dans l'Eau « Il ne faut être ni lourd, ni vulgaire » « L'humour est un bon vecteur de communication. On se souvient d'une publicité parce qu'elle est drôle, on achète un tee-shirt parce qu'un message rigolo est inscrit dessus… C'est universel. Cependant, il ne faut être ni lourd, ni vulgaire. Il s'agit de raisonner en fonction de son positionnement et de sa clientèle et de bien se faire accompagner par un spécialiste de la communication, un journaliste qui a une jolie plume, un ami qui sait jouer avec les mots... L'humour peut être une valeur ajoutée, mais il ne peut pas être une bouée de sauvetage. Le nerf de la guerre, c'est le produit. »

par Cécile Rudloff (publié le 22 avril 2015)