Agencer son magasin, c'est bien. L'éclairer, c'est mieux. Tous les architectes insistent sur ce point : les sources lumineuses permettent de guider le regard des consommateurs vers ce que l'on souhaite lui montrer… et lui faire acheter. Une idée simple, qui nécessite le respect de quelques règles de base.

Augmentez le volume ! « Comme dans tout point de vente, le niveau d'éclairement doit être important pour que les passants aient envie d'y entrer », affirme Fabrice de Logivière, gérant d'Héliophane. Ce fournisseur d'éclairages pour les commerces de bouche prend le parti d'inonder la boutique de lumière. D'autres spécialistes considèrent que la lumière « résiduelle », addition de plusieurs points lumineux forts, suffit à obtenir un niveau de clarté agréable dans la zone où évoluent les clients.

Attirez l'oeil Quelques endroits précis méritent d'être plus éclairés. Ainsi, une vitrine extérieure et un pas de porte illuminés montrent, de loin, que votre magasin est ouvert. Cette source lumineuse dans la rue aimante le regard - et les pas - des clients. A l'intérieur, c'est sur le mur du fond qu'il faut mettre l'accent (celui des panetières, en général). La lumière attirant les consommateurs, ils auront le réflexe de cheminer jusqu'au bout, découvrant au passage toute votre offre.

Jouez sur les contrastes Les produits sont les stars de votre boulangerie-pâtisserie. Ils méritent donc des accentuations lumineuses, pour permettre aux clients de les voir dans les moindres détails. Le pain bénéficie d'un éclairage particulier. « En général, nous conseillons des lumières appelées « lèche-murs », pour mettre en valeur la grille à pains de haut en bas », indique Denis Cadoret, ingénieur commercial chez Ansorg, un autre professionnel de l'éclairage alimentaire. Les vitrines, conçues par des spécialistes, sont normalement pourvues d'éclairages étudiés pour les pâtisseries. Leur fond blanc renforce la réflexion lumineuse et place les entremets dans un halo attrayant.

Chez Grascoeur (Paris 7e), Pep's Création a créé une ambiance plus intimiste,en éclairant surtout les produis.

Réchauffez l'atmosphère Toutes les lumières ne sont pas adaptées à la boulangerie-pâtisserie : une lumière « froide » donnerait mauvaise mine aux produits. Il vaut mieux miser sur des éclairages « chauds » qui ravivent l'atmosphère, ainsi que les couleurs des produits. Pour bien faire, l'éclairage devrait se situer entre 2700 et 3000 kelvin (cf encadré). Entre sublimer la couleur des produits et la modifier, il y a un pas à ne pas franchir. Il ne faudrait pas que votre client ne voie plus, à l'extérieur de la boutique, son éclair de la même couleur qu'à l'intérieur. Pour rester fidèle aux couleurs, il faudra choisir des ampoules dont l'IRC (cf encadré) se rapproche de 100.

Pour la boulangerie Chotin, à Maizières-lès-Metz (57),les spots puissants sont orientés sur la lignede vente et la panetière.

Et aussi… Si vous avez fait appel à un agenceur pour organiser votre boutique, il vous aura probablement conseillé une illumination adaptée. Si vous vous en occupez vous-même, voici quelques petites règles qu'appliquent les spécialistes : • Un point de lumière signale un endroit où il se passe quelque chose. Il peut donc être utile d'en ajouter autour de la caisse ou au-dessus de la vitrine, là où vous posez des assiettes de produits à déguster par exemple. • La source de lumière doit, en principe, être cachée, pour éviter d'éblouir le client. Un cache devrait également permettre d'éviter les reflets disgracieux.

Petit lexique

Le kelvin est l'unité de mesure de la « température de couleur ». Une source à 2500 K est très chaude (blancjaune), une source à 10 000 K, très froide (blanc-bleu).

L'IRC est l'Indice de Rendu des Couleurs. Plus il est proche de 100 (son maximum), plus les couleurs sont perçues comme à la lumière du jour. Ne descendez pas en dessous de 85, voire 90.

Il existe quatre possibilités d'éclairage : l'halogène (bon rendu des couleurs, mais dégage de la chaleur) ; source fluorescente (lumière diffuse, IRC souvent limite, ne chauffe pas) ; lampe à iodure (IRC souvent limite, longue durée de vie, dégage de la chaleur) ; led (ne chauffe pas, bon IRC, source miniature). Les trois dernières consomment environ quatre fois moins d'énergie que la première.

par Cécile Rudloff (publié le 17 octobre 2011)