La Saoudienne Mayada Badr est pâtissière, mais aussi désormais la présidente de l’Autorité des arts culinaires en Arabie saoudite. L’Autorité des arts culinaires est l’un des onze organismes culturels lancés par le ministère saoudien de la Culture pour gérer, promouvoir et faire progresser le secteur culturel du royaume. Responsable de la délivrance des licences pour les activités culinaires, il est aussi chargé d’organiser des conférences et des expositions, d’offrir des cours et des programmes de formation professionnelle et d’encourager la recherche, les études et le développement dans son domaine. Liée à la France par ses études, dont sa formation à l’institut Le Cordon bleu à Paris et des passages dans de grandes maisons telles que Ladurée et la Bastide Saint-Antoine, Mayada Badr est retournée à Jeddah pour ouvrir sa propre pâtisserie : Pink Camel. Elle souhaite qu’un pont culturel se bâtisse entre la France et l’Arabie saoudite.

Partage de savoir-faire

En charge de réglementer et développer le secteur culinaire du royaume et de soutenir d’autres praticiens dans le domaine, Mayada Badr souligne l’importance de la mixité (des cultures et des profils) et espère la venue de talents français en Arabie saoudite, tant pour découvrir les merveilles du pays que pour partager leur savoir-faire.

« Le royaume se tourne vers le bio, le vegan et le local », Mayada Badr.

« L’Arabie saoudite est un vrai melting pot, il est possible de trouver une grande diversité de spécialités et elle s’ouvre à toutes les cultures puisqu’elle participe à la Nouvelle Route de la soie (vaste projet international chinois auquel s’est associé le gouvernement saoudien, dans le but de développer, entre autres, le tourisme, NDLR), explique Mayada Badr. Nous ignorons souvent que la cuisine en Arabie saoudite est diversifiée, avec des spécialités dans chaque région, et que le royaume se tourne, comme le reste du monde, vers le bio, le vegan et le local avec une dimension de “slow cooking”. Le pays s’inspire de tout cela pour rassembler toutes les meilleures pratiques des quatre coins du monde et enrichir sa culture culinaire. »

Inspirante France

« La France m’a ouvert les yeux sur la définition de l’excellence : mon apprentissage m’a fait découvrir que le travail artisanal est exigeant et dur (j’avais d’ailleurs pris 5 kg de muscles en revenant de Paris !) et qu’il nécessite beaucoup d’humilité. » Cette expérience, Mayada Badr souhaite que les jeunes de son pays puissent en bénéficier et c’est par le biais d’un grand projet de création d’un pont culturel entre les pays qu’elle espère voir des chefs français venir mentorer les gens en Arabie saoudite. La découverte du royaume est aussi la promesse d’un voyage au cœur des saveurs orientales et des richesses de la street-food. Le Cordon Bleu a déjà établi une collaboration qui permet à une délégation d’élèves d’origine saoudienne de suivre une formation de quatorze mois aux arts culinaires.

Lê Thi Mai Allafort