Ancienne costumière pour le cinéma, Valentine Franc prend la décision de devenir exploitante agricole lorsqu’elle hérite de la ferme de Montaquoy, à Soisy-sur-École, dans l’Essonne.

Travail des blés de pays

Après de nombreuses rencontres et échanges (les paysans-boulangers Nicolas Supiot et Jean-François Berthelot ou encore Isabelle Goldringer, directrice de recherche à l’Inrae), c’est auprès de John Letts, historien des céréales, qui possède un « potager de semences », qu’elle va récupérer un mélange de 250 kg à cultiver, d’abord sur un hectare, qui se transformera en 10 ha.

« Il faut être un peu artiste car c’est une matière vivante » 

« Les variétés historiques sont magiques », dit-elle en rappelant que leurs épis sont plus petits, mais plus hauts que les blés modernes, plus goûtus et surtout plus résistants. La diversité génétique des blés de pays permet de tirer profit de leur environnement et de s’adapter à leur biotope. Valentine a rapidement compris qu’il lui fallait un moulin et travailler avec les boulangers pour discuter technique et évaluer la qualité de sa farine obtenue par un mélange de 16 plants. Même si elle ne sait pas quelle variété est dominante, elle sait que ce « mélange se plaît sur le terroir ». « Il faut être un peu artiste car c’est une matière vivante », dit-elle, là où les mixes sont stables.

Elle n’a pas le label bio mais pratique une agriculture de conservation. Elle produit cette année une dizaine de tonnes de farine.

L.A.