La pandémie a fortement contribué à la digitalisation des pratiques de vente et des usages de consommation, avec un essor des solutions de règlement-encaissement sans contact, en boutique et en ligne. La tendance devrait encore s’affirmer à l’avenir.

Point n°1 : les solutions en présence

Zoom sur les solutions de paiement-encaissement sans contact, qui se multiplient au point de créer de la confusion dans l’esprit des consommateurs… et des commerçants.

Le sans contact en boutique : popularisé par les gestes barrières, ce paiement par simple rapprochement entre une carte bancaire (ou, plus rare, un smartphone) et un terminal de paiement électronique (TPE) équipé de la technologie NFC, soit la majorité des boîtiers actuels, s’est généralisé dans les commerces, tous montants confondus (jusqu’au plafond relevé à 50 €).

Le site marchand : boutique digitale en nom propre ou plateforme collective e-commerce, à l’instar de Local.bio ou Ollca.com. Ces portails intègrent souvent leur propre solution d’encaissement en ligne (entre autres modes de paiement), avec des modalités et frais variables.

Le service/application mobile : la dernière innovation en date consiste à centraliser toutes les opérations de paiement sur son terminal mobile (smart­phone ou tablette), avec l’envoi de lien interactif (Pay-by-Link) ou de QR code à scanner (par sms, mail ou messagerie, type WhatsApp) aux clients, équipés (ou non, suivant les solutions) d’appli mobiles de paiement en ligne, comme Apple Pay (Iphone), Google Pay ou la française Lyf Pay, véritable « wallet » (ou portefeuille électronique) dont l’interface permet d’encaisser les règlements sans contact sur site et à distance.

Partenaire de plus de quinze banques françaises, le service de paiement mobile Paylib (à activer en quelques clics sur son smartphone) propose aux commerçants un kit de communication boutique. © Shutterstock / mavo

Point n°2 : les bénéfices nets

Quelle que soit la solution choisie, le paiement-encaissement sans contact et/ou dématérialisé présente des avantages appréciables.

Flexibilité et mobilité : les applications et solutions mobiles ont accompagné l’essor des artisans itinérants, à l’instar de Gregory Gorses, fondateur de Bread Lab au Mans (Sarthe). Sillonnant la ville en triporteur, le boulanger a opté, en lien avec sa banque, pour un TPE mobile « simple à transporter et à paramétrer via une application sur [son] smartphone », à l’image des boîtiers polyvalents SumUp. Très intuitives et partenaires d’établissements bancaires, ces solutions offrent des tableaux de bord et des fonctionnalités optimisées de reporting des ventes, de facturation et de comptabilité.

Simplicité et fluidité : la pandémie a augmenté les temps d’attente en magasin. Au risque de démotiver les clients pressés. En surfant sur l’omniprésence du smartphone et en dématérialisant le passage en caisse, les applications comme Lyf Pay entendent fluidifier les parcours d’achat et, in fine, augmenter les chiffres d’affaires des artisans.

Notoriété et fidélisation : une boutique en ligne est une véritable vitrine digitale. Et être référencé sur des plateformes collectives participe à la visibilité de son commerce. Certaines applications mobiles, dont Lyf Pay, intègrent en plus des programmes de fidélisation et une plateforme de relations clients, avec des outils marketing à disposition.

Selon le Baromètre paiement mobile Kantar pour Paylib 2021, un Français sur deux (49 %) a l’intention à l’avenir d’utiliser son mobile pour payer sans contact en magasin.

Point n°3 : les freins

Aussi efficientes soient-elles, les solutions de vente-encaissement mobiles se frottent encore à quelques résistances, réelles ou présumées.

Les failles de sécurité : une appréhension tenace ! Cependant, le renforcement récent des procédures d’authentification et de confidentialité contribue à rassurer les clients. Les banques et les services de paiement, le Français Paylib en tête, communiquent d’ailleurs sur le sujet pour rassurer et convertir les sceptiques, commerçants compris, qui bénéficient eux d’une garantie de paiement.

Les bugs : ils peuvent être de plusieurs ordres. Matériels pour commencer, avec des pannes de terminaux ou des défaillances de son mobile, un problème de batterie (à vérifier et recharger si besoin avant tout déplacement)... En prévision, Gregory Gorses part toujours en tournée avec une batterie de secours. La couverture Internet fluctue aussi suivant les lieux, mais de nombreuses solutions fonctionnent aujourd’hui hors réseau (se renseigner auprès de son opérateur).

La fracture numérique : elle reste une réalité en France, avec une partie de la population non-convertie à l’usage du Web et non-équipée en smartphones (16 % des 12 ans et plus selon l’Arcep). D’où l’intérêt de conserver des modes de paiement traditionnels pour toucher tous les publics.

Barbara Guicheteau