Gestion et droit

Hubert C. (38) « Pas d'accord sur le déplafonnement de mon loyer »

Question - Je m'adresse à vous car je ne sais plus quoi faire avec mon propriétaire. Je suis en fin de bail et celui-ci me demande plus du double du loyer que je payais jusqu'à maintenant. Bien sûr, je refuse une augmentation aussi importante. Mon propriétaire m'indique que du fait des constructions qu'il y a eu récemment dans mon quartier et du nouveau parking qui a été créé, cela améliore considérablement la commercialité et justifie une augmentation importante de loyer.  

La réponse de Me Verdier :

La règle en matière de renouvellement de bail commercial est que le loyer doit rester plafonné, c'est-à- dire fixé par application de l'indice du coût de la construction (voir article L.145-34 du Code de Commerce). C'est donc au bailleur, qui entend demander un loyer supérieur à la stricte application de l'indice et au principe fixé par le Code de Commerce, de démontrer qu'il y a un motif dit de déplafonnement et ce, selon des critères déterminés par les dispositions de l'article L.145- 33 du Code de Commerce.

Ce sont, entre autres : • Les caractéristiques du local (surface, volume, importance des surfaces destinées à recevoir du public, état d'entretien…), • les activités autorisées par le bail et ses avenants éventuels, • les obligations respectives des parties, • les prix couramment pratiqués dans le voisinage. • « la modification des facteurs locaux de commercialité », définie par l'article R.145-6 du Code de Commerce (critère le plus utilisé).

Ce dernier point porte essentiellement sur : • L'amélioration des stationnements à proximité du fonds de commerce, • l'augmentation de la population ou du nombre de bureaux ou d'administrations à proximité du fonds (création de logements, école, hôpital), • l'amélioration des voies de circulation, etc…

Il est important de préciser que ces modifications doivent être substantielles (la création de quelques places de parking ou de quelques bâtiments n'est pas suffisante pour justifier le déplafonnement). Il appartient surtout au propriétaire de démontrer que ces nouveaux facteurs de commercialité sont un intérêt pour le commerce exploité, avec un impact direct selon le type d'activité exercée (en l'occurrence boulangerie-pâtisserie). Créer par exemple des zones commerciales avec des cinémas et commerces qui vendent elles-mêmes du pain, de la pâtisserie ou des sandwichs, n'a pas d'impact positif sur la commercialité du fonds de commerce. Les tribunaux sont donc extrêmement exigeants à l'égard du bailleur qui entend invoquer un déplafonnement selon ces critères.

Le conseil :Si le bailleur n'a pas réussi à démontrer « que la modification des facteurs locaux de commercialité » a un impact positif direct sur votre activité, le loyer restera à défaut, plafonné.

À lire également
Le sociologue Éric Birlouez, spécialiste de l'alimentation et des comportements alimentaires

Services

« Une boulangerie est un lieu de mixité sociale, chacun y trouve son compte »

Spécialiste des comportements alimentaires, le sociologue Éric Birlouez se penche sur les évolutions récentes des modes de consommation en boulangerie : de la résistance des fournils face aux supermarchés...

En mode salé, la galette de sarrasin s’invite au déjeuner.

Mieux vendre

La Chandeleur, des crêpes et des marges, à ne pas rater

Populaires, les crêpes seraient même le dessert préféré des Français, selon une récente étude CSA pour Cultures Sucre. Une recette traditionnelle aux origines très anciennes, facile à réaliser et à revisiter...

Management

Boulangerie : pensez aux subventions à l’embauche

Trouvez le bon profil pour le bon poste n’est pas une mince affaire, d’autant plus qu’il s’agit d’un processus parfois long et surtout coûteux. Sachez que des aides existent. On fait le point.