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Accords collectifs pour une alimentation plus saine : vers - 5 % de sucre

Le ministère de la Santé a publié le tableau des seuils nutritionnels permettant d’atteindre, notamment, une baisse de 5 % du taux de sucre dans les aliments commercialisés, en lien avec les accords collectifs visant à renforcer la qualité nutritionnelle et la durabilité de l’offre alimentaire en France, dont le référentiel a été publié le 13 octobre dernier.

“Un adulte sur deux et près d’un enfant sur cinq sont en situation de surpoids ou d’obésité en France aujourd’hui. Près de 8 % des Français souffrent de maladies cardio-vasculaires, plus de 6 % du diabète et près de 5 % d’un cancer.” Tel est le constat dressé par le Gouvernement, selon qui, “il est urgent de renforcer l’action collective en faveur d’un environnement alimentaire favorable à la santé pour tous, avec une réduction des teneurs en sel, sucres, graisses saturées et une augmentation des fibres dans les aliments”.

Au regard des enjeux, l'État souhaite engager une transition ambitieuse vers des systèmes alimentaires plus sains et plus durables. Il appelle l’ensemble des professionnels de l'alimentation “à se mobiliser pour améliorer la composition nutritionnelle des produits en sel, sucres, gras et fibres, et favoriser ceux issus de modes de productions durables et de qualité”.

Révision des accords collectifs

Les ministres chargés de la Santé, de l’Agriculture et de l’Économie ont annoncé leur volonté commune de poursuivre les réflexions en vue d’accords collectifs permettant d’améliorer la qualité de l’offre alimentaire.

Un travail de coconstruction et de dialogue avec les acteurs a été engagé. Il s’articule autour de cinq points clés :

  •  - 5 % sur la teneur nutritionnelle moyenne en sel, sucres, acides gras saturés des familles de produits les plus contributeurs, + 5 % pour la teneur en fibres ;
  • transparence sur les produits durables et de qualité, dont les produits bio à travers la communication aux pouvoirs publics du pourcentage d’achats réalisés ;
  • engagements complémentaires possibles en faveur d’une alimentation plus saine et plus durable (par exemple : recettes simplifiées, actions de sensibilisation, initiatives éducatives) ;
  • mise en œuvre progressive sur cinq ans selon un calendrier ambitieux et réaliste ;
  • accompagnement renforcé des pouvoirs publics dans l’élaboration et la mise en œuvre des accords ;

La priorité sera donnée à la réduction significative et progressive de la teneur en sucres dans les produits les plus contributeurs aux apports quotidiens des enfants et des adolescents. Les ministres ont salué par ailleurs la volonté des acteurs de s’engager dans des travaux de reformulation visant une réduction des teneurs en sucres, notamment dans la filière boulangerie-viennoiserie-pâtisserie.

Les entreprises de la boulangerie prêtes à relever le défi, mais…

La Fédération des entrepreneurs de boulangerie (FEB), de son côté, partage la conviction que les entreprises de la boulangerie-viennoiserie-pâtisserie ont un rôle majeur à jouer dans la santé publique. “Elles l’ont déjà démontré, avec sérieux, ces dernières années, en parvenant à réduire de 20 % le taux de sel dans le pain”, rappelle la FEB.

Après le sel, le prochain défi collectif sera donc le sucre : “le réduire progressivement dans nos produits plaisir tout en préservant l’excellence, le goût et l’identité de la pâtisserie et de la viennoiserie françaises”.

Les entreprises de boulangerie — dont 95 % sont des petites et moyennes entreprises — se disent prêtes à relever ce challenge, mais “la réduction du taux de sucre ne se décrète pas, elle se prépare et se travaille sur le long terme”, pointent-elles. La réussite passera, selon la FEB, par “un accompagnement des entreprises dans ce travail titanesque, tout en habituant progressivement les palais des consommateurs à des recettes moins sucrées”.

Publication des seuils

Le 13 octobre, le ministère de la Santé a publié le “référentiel des accords collectifs pour une alimentation plus saine et plus durable” dans le cadre de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat. Ainsi, par exemple, pour la catégorie “viennoiseries croissants”, le seuil nutritionnel permettant d’atteindre une réduction théorique d’au moins 5 % de la teneur nutritionnelle moyenne (non pondérée) de sucre est désormais de 9,3 g de sucre pour 100 g, de 13 g/100 g pour le pain au chocolat, de 19 g/100 g pour les brioches au chocolat/pépites.

Pour télécharger le tableau des seuils

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