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Le plafonnement des volumes ukrainiens exemptés de droits de douane n’est pas prévu pour le blé et l’orge, dont la France est le premier pays producteur en Europe.
Le plafonnement des volumes ukrainiens exemptés de droits de douane n’est pas prévu pour le blé et l’orge, dont la France est le premier pays producteur en Europe. © A. DUFUMIER

Crispations autour du blé ukrainien en Europe

Le soutien de l’Union européenne à l’Ukraine passe aussi par une suppression totale des droits de douane sur le blé du pays, récemment renouvelée jusqu’en juin 2025. Ces volumes ont un impact sur les prix et mettent la logistique européenne sous pression.

Aider une puissance céréalière comme l’Ukraine, c’est aussi lui permettre de commercialiser ses productions dans de bonnes conditions. On amène ainsi le pays à récupérer de précieuses devises et à maintenir l’un des piliers de son économie. L’Europe a donc pris des mesures fortes pour aider le pays à écouler ses productions agricoles, notamment à travers une suppression des droits de douane au sein du marché commun.

Un accord qui a été reconduit pour un an (jusqu’au 5 juin 2025 précisément) par le Parlement et le Conseil européen le 8 avril dernier. « Avec cette prorogation, l’Union européenne réaffirme son soutien politique et économique sans faille à l’Ukraine, après deux ans d’agression militaire non provoquée et injustifiée perpétrée par la Russie », se félicitaient les institutions européennes à l’issue de cette décision.

Risque sur le revenu

Sauf que depuis le début de la guerre en 2022, le contexte géopolitique du blé a radicalement changé. Les cours se sont repliés à environ 200 euros la tonne (€/t), loin des sommets à plus de 350 €/t du printemps 2022. Les organisations de producteurs de blé européen, comme l’Association générale des producteurs de blé (AGPB), dénoncent ainsi cette concurrence nouvelle et déloyale, qui les expose au risque de pertes de marge et de rentabilité dans un marché en baisse.

En outre, le plafonnement des volumes n’est pas prévu pour le blé et l’orge, céréales dont la France est le premier pays producteur en Europe. « Qu’est-ce qui peut justifier d’exclure le blé, alors que son importation en provenance d’Ukraine a été multipliée par vingt depuis 2021 sur le territoire européen ? » s’alarmait ainsi Éric Thirouin le président de l’AGPB le 10 avril dernier, à la suite de la communication officielle de cette décision.

Les exportations de l’Ukraine ne sont pas les seules en cause dans la baisse actuelle des cours. La Russie écoule également des volumes importants à prix bas. (© A. DUFUMIER)

La logistique sous pression

Le défi pour l’Union européenne est également celui de la logistique liée à ce “corridor de solidarité” intérieur ; qui mobilise notamment le train, les fleuves (Danube) et la route, et ce, bien que l’Ukraine ait de nouveau accès à l’export maritime via la Mer Noire.

La France concurrencée

L’impact sur le secteur français d’exportation de blé semble réel, sachant que la France en est le premier exportateur européen. « Pour mémoire, les prévisions de ventes de blé français vers l’Union européenne pour la campagne commerciale 2023-24 établies par FranceAgriMer sont passées de 7,8 millions de tonnes [Mt] en juillet 2023, à moins de 6,2 Mt en mars 2024. L’Espagne, en particulier, s’est approvisionnée massivement en blé ukrainien au cours des derniers mois, après sa mauvaise récolte 2023 », souligne le conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer.

Le blé ukrainien n’est pas le seul facteur pesant à la baisse sur les cours. Il semble que le pays réoriente d’ailleurs ses cultures vers des productions moins gourmandes en engrais que le blé, du fait de difficultés d’approvisionnement. En revanche, la Russie a un accès privilégié aux engrais produits à partir de gaz. Pays qui, par ailleurs, produit une forme de dumping sur les marchés mondiaux en écoulant sa production à bas coût.

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