L’artisanat se féminise. Les femmes sont désormais près d’un quart (24 %) des chefs d’entreprise, 40 % des créateurs d'entreprise en reconversion*, 29 % des emplois salariés, et 37 % des apprentis formés dans le réseau CMA Formation**.
« Pour autant, si certains métiers sont plébiscités, la féminisation doit encore progresser ; la mixité doit encore être encouragée. C’est tout le sens des trophées Madame artisanat que nous organisons chaque année pour démontrer que nos deux-cent cinquante métiers sont bel et bien ouverts à toutes, dès que l’on fait preuve d’audace, d’envie et de passion », a souligné Joël Fourny, président de CMA France.
Pour l’édition 2026, la septième, qui s'est tenue le 3 mars 2026 à la Chambre des métiers et de l’artisanat France (Paris 8e), plus de 1 000 candidatures avaient été enregistrées. Cinq d’entre elles ont été distinguées : une cheffe d’entreprise installée depuis au moins trois ans, une apprentie de moins de 30 ans, une artisane engagée dans un projet audacieux, et deux lauréates des prix spéciaux attribués l’un par le public et l’autre par Médicis (mutuelle retraite des indépendants), partenaire pour la première fois de l’événement.
Léna Helck : une volonté à toute épreuve
Après un baccalauréat général, Léna Helck, qui a reçu le Coup de coeur Médicis, suit actuellement une formation en apprentissage au centre CMA Formation de Moselle dans le but d’obtenir son brevet professionnel boulangerie. Elle s’était déjà fait remarquer notamment en devenant Meilleure jeune boulangère de France 2024 et en accédant à la 3e place de la Coupe des écoles 2026, organisée au sein du salon Sirha Bake & Snack en janvier dernier. Elle a cette fois encore su séduire le jury.
Dyslexique, dysphasique et dysorthographique, elle doit fournir un travail supplémentaire pour se concentrer, lire les recettes et coordonner ses gestes. Grâce à une volonté sans faille, elle a choisi d’aller de l’avant et de défendre un artisanat exigeant, humain et authentique, incluant la lutte contre le gaspillage.
Lors de la remise des trophées, elle a annoncé vouloir ouvrir sa propre boulangerie-pâtisserie, comprenant « une partie qui réveillera l’âme des enfants » et une seconde où elle récupérera les invendus pour les réintégrer à d’autres produits. Durant cette journée festive, elle avait d’ailleurs remis au jury des cookies réalisés à partir de pains rassis.
Combative, elle a également souligné vouloir un jour devenir la première femme Meilleure ouvrière de France en boulangerie, et s'y préparer.
Son prix lui a été remis par Christian Martin, lui-même ancien boulanger, et président de Médicis.