Selon le groupe Altares, expert de la donnée d’entreprise, l’année 2025 s’est conclue sur un nombre de défaillances de PME et ETI record. “Avec 19 024 procédures ouvertes sur le dernier trimestre (T4), le pic des 70 000 défaillances — sauvegardes, redressements et liquidations judiciaires — est quasi atteint, soit une hausse de 3,1 % par rapport à l’an dernier”, souligne la structure dans son communiqué du 20 janvier.
Toutefois, si cette volumétrie est d’une envergure inédite, elle s’inscrit dans une tendance de très net ralentissement depuis plusieurs mois. La hausse du nombre de défauts au quatrième trimestre 2025 est inférieure à 2 % (+ 1,7 %) après avoir dépassé les 10 % au T4 2024, + 38 % en 2023 et + 48 % fin 2022, laissant ainsi espérer une accalmie pour 2026.
La situation des petites et moyennes entreprises (PME) et des établissements de taille intermédiaire (ETI) d’au moins 100 salariés continue de se dégrader.
Les plus petites entreprises, celles comptant moins de trois salariés, sont aussi plus nombreuses à défaillir sur le quatrième trimestre de 2025. Elles ont été 14 162 à faire l’objet d’une procédure collective en fin d’année, soit une augmentation de 5 % par rapport à la même période de 2024. Sur l’ensemble de l’année 2025, la hausse enregistrée est de 4 %.
Le bilan est plus “engageant” du côté des sociétés de 3 à 99 salariés. En tout, 4 800 défaillances ont été enregistrées au cours du quatrième trimestre, en recul de 7 % par rapport au même trimestre de 2024. Sur l’ensemble de l’année 2025, la hausse globale est de 1 % sur ces structures, avec 18 440 jugements.
L’agroalimentaire porté par la boulangerie
Dans le détail, alors que dans la catégorie Industrie les défaillances augmentent sur l’année de 2,7 % par rapport à 2024, les industries agroalimentaires résistent, portées par la boulangerie. La catégorie Produits de boulangerie-pâtisserie voit en effet le nombre de ses défaillances diminuer de 3,8 % en 2025 par rapport à 2024.
Dans le secteur des cafés, hôtels, restaurants, 9 434 établissements — dont 7 715 de restauration — sont concernés en 2025 (+ 8,3 %), une dégradation constatée à la fois en restaurations traditionnelle (+ 7 %) et rapide (+ 8 %) sur le quatrième trimestre.
Pour Thierry Millon, directeur des études Altares, « l’économie française a évolué en 2025 dans un cadre paradoxal, mêlant à la fois une inflation maîtrisée et une croissance atone, avec des finances publiques sous tension dans un contexte géopolitique compliqué. Ce cocktail a créé un climat d’incertitude fort pour les entreprises, et notamment des PME déjà éprouvées par la hausse des coûts logistiques et énergétiques. Dans ce contexte, les entreprises les plus vulnérables tentent de jouer sur les délais de paiement interentreprises pour palier des trésoreries qui se contractent. Le retard moyen de paiement a atteint un plus haut depuis le Covid-19, au-delà de quatorze jours, accentuant fortement le risque commercial », conclut-il.