Le Sénégal est souvent cité en exemple pour son entente entre croyants de différentes religions. Les différentes fêtes religieuses sont l’occasion de partages entre communautés. Les musulmans, qui représentent 94 % de la population, offrent à leurs voisins des mets à base de poulet lors des célébrations de l’Aïd el-Fitr (fin du jeûne du ramadan, appelé korité en Afrique de l’Ouest) ou de mouton pour celles de l’Aïd-el-Kebir (appelé Tabaski). Les chrétiens — à peine 5 % de la population — leur rendent la pareille, notamment à Pâques, lors de la fin du carême.
“Faire de la bouillie” en parlé traditionnel
Le ngalakh, mot du parlé traditionnel de Saint-Louis, ville située sur la côte nord-ouest du Sénégal, signifie littéralement “faire de la bouillie”. Il est un dessert à base de thiacry (couscous de mil) ou de sankhal (semoule de mil), de pâte d’arachide, de poudre de bouye (fruit du baobab, aussi appelé pain de singe), d’eau et de sucre. Selon les recettes, vous y trouverez également de la vanille, de la fleur d’oranger, du lait et des fruits secs. Les versions les plus contemporaines comportent aussi du chocolat en poudre, de l’ananas, de la noix de coco…
Le ngalakh, confectionné en quantités importantes la veille de Pâques, est offert à la famille, aux amis, aux voisins, sans distinction de religion. Au Sénégal, il est ainsi devenu un symbole national de tolérance, de fraternité et de cohésion sociale.