Meunerie
© Robert Kneschke/Adobe Stock

L’ANMF et France Travail partenaires de l’emploi meunier

Qu’il s’agisse de formation ou d’offres en entreprise, la filière meunière fait face à un manque de candidats. Pour redynamiser le secteur, et promouvoir ses métiers, l’ANMF renouvelle sa campagne Chasseurs de graines et s’associe à France Travail. Objectif : recruter 25 000 meuniers et boulangers.

« Depuis 2017, nous avons formé 105 apprentis, et l’on ne couvrirait que 20 à 25 % des besoins de la profession en techniciens. » Voilà le constat dressé par Éric Maire, directeur du centre de formation d’apprentis (CFA) – Centre de formation professionnelle et de promotion agricole de Surgères (Charente-Maritime) lors des 75es Journées techniques des industries céréalières d’Auxerre, qui se sont déroulées en octobre dernier. Cela représente environ une quinzaine de candidats par an, avec un taux de réussite à l’examen qui s’élève à 93 %. « Au niveau des adultes, on a formé 391 personnes, sur des périodes courtes. Et malgré un taux de rupture très faible — 3 %, contre 15 à 20 % en moyenne dans les métiers de bouche —, la filière peine à séduire de nouvelles recrues sur le territoire. »

Site de Paris-Gennevilliers (Hauts-de-Seine) des Grands Moulins de Paris. (© É-E. MOREAU)

Éric Maire pointe également du doigt les coûts de l’apprentissage. « Depuis, 2020, nous sommes dans un système de libre concurrence. Ce n’est plus le conseil général qui alimente les CFA mais la branche formation professionnelle de l’Etat, avec France compétences, qui assoie le niveau de prise en charge de la formation. Et l’État a décidé d’assigner un niveau de prise en charge de 7 000 euros au lieu de 15 000 euros, le coût annuel d’un apprenti. La direction du campus a ainsi décidé de prendre en charge la différence », souligne-t-il.

La campagne Chasseurs de graines renouvelée cette année

De son côté, Lionel Deloingce, vice-président de l’Association nationale de la meunerie française (ANMF), estime que la profession n’a pas toujours été entendue. « La formation initiale a été supprimée par décision du ministère du fait du manque d’effectifs. Mais la profession s’est investie pour maintenir cette formation en apprentissage. » Face « au cri de désespoir » d’Éric Maire, il s’est dit enclin à travailler main de la main avec la direction du campus, notamment pour « définir de meilleurs programmes, adaptés aux entreprises de meunerie ».

Autres actions de l’ANMF : le renouvellement de sa campagne Chasseurs de graines, lancée en février 2024, lors de la 60e édition du Salon international de l’agriculture, en partenariat avec la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française et la Fédération des entreprises de boulangerie. La mise en place de cette plateforme vise à valoriser et à faire découvrir les métiers de la meunerie.

L’ANMF s’est associée à France Travail pour embaucher 25 000 meuniers et boulangers à travers toute la France. L’objectif est clair : répondre aux besoins de main-d’œuvre dans ces secteurs, « piliers de notre souveraineté alimentaire et de notre cohésion sociale []. Face aux défis économiques, sociaux et environnementaux, recruter et transmettre nos savoir-faire n’est pas seulement une nécessité, c’est une responsabilité collective », souligne dans un communiqué Jean-François Loiseau, président de l’ANMF.

Les offres d’emploi disponibles sur France Travail seront mises en avant sur le site chasseursdegraines.fr et reliées à une carte interactive. Ce partenariat, opérationnel depuis le 23 octobre 2025, passe également par un accompagnement renforcé des demandeurs d’emploi intéressés par les métiers concernés. Déjà largement relayée sur les réseaux sociaux et en boulangeries à travers les sachets de baguette, cette campagne sera enrichie de nouveaux contenus, témoignages et formats digitaux. De quoi mettre davantage en lumière la filière et susciter des vocations.

« Des métiers très techniques, de qualité produit »

« Faire connaître aux jeunes générations nos métiers alliant des compétences techniques, environnementales et sociétales — ce qui est assez peu connu du grand public – est important », nous précisait début novembre Hugues Favier, directeur régional industriel des sites Verneuil, Paris-Gennevilliers, Briare des Grands Moulins de Paris. « Si on s’arrête seulement à l’environnement de l’usine certains peuvent avoir des réticences, mais on est sur des métiers très techniques, de qualité produit, puisque l’on travaille une matière vivante. Il y a aussi des postes avec un aspect managérial. Un jeune qui n’est pas rebuté par l’aspect industriel de nos métiers peut pleinement s’épanouir dans nos environnements, et évoluer rapidement sur des postes à responsabilité », conclut-il.

Hugues Favier, directeur régional industriel des sites Verneuil, Paris-Gennevilliers, Briare des Grands Moulins de Paris. (© É-E. MOREAU)
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