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À gauche, le président de l'association La Belle Gardoise, Christophe Hardy. À droite : le Meilleur ouvrier de France Rodolph Couston a conseillé les boulangers tout au long de la création de cette baguette.
À gauche, le président de l'association La Belle Gardoise, Christophe Hardy. À droite : le Meilleur ouvrier de France Rodolph Couston a conseillé les boulangers tout au long de la création de cette baguette. © La Belle Gardoise

100 % locale, La Belle Gardoise est arrivée dans les boulangeries du Gard !

En gestation depuis deux ans, La Belle Gardoise, produit d’une filière blé-farine-pain locale, vient d’être lancée avec succès dans 26 boulangeries du département. Avec l’ambition de conquérir 80 commerces d’ici à 2030.

« Le lancement est une vraie réussite ! » s’exclame Christophe Hardy, boulanger à Junas (Gard) et président de l’association La Belle Gardoise. Le nom donné aussi à la toute nouvelle baguette 100 % locale que l’on trouve désormais sur les étals de 26 boulangeries du département. L’une des participantes, Michèle Morillon — à la tête de deux boulangeries, à Salindres et à Saint-Privat-des-Vieux —, applaudit : « Les gens l’apprécient parce qu’elle est locale. L’idée, c’est vraiment de faire vivre le territoire et de promouvoir les producteurs locaux. »

Une clientèle prête à payer plus cher un pain local

C’est bien là tout l’avantage de cette baguette. Depuis 2023 et le démarrage d’une réflexion autour du Projet alimentaire territorial du Pôle métropolitain Nîmes-Alès, les acteurs de la filière blé-farine-pain du département se sont mis autour de la table. Ils se sont appuyés sur un sondage réalisé la même année auprès de cent boulangers et consommateurs locaux : « Un pain cent pour cent gardois était plébiscité ; les gens étaient même prêts à le payer un peu plus cher », résume le président de l’association La Belle Gardoise.

L’an dernier, l’enjeu a été de trouver des partenaires : les trois chambres consulaires, les collectivités locales, les meuniers, les organismes stockeurs et la fédération des boulangers se sont rassemblés. Pas moins de 90 000 € ont été réunis : de quoi concevoir des outils de communication, une « grosse campagne de publicité et un gros plan média », et payer un animateur. Une structure en fer forgée a même été créée par un ferronnier, sur laquelle chaque boulanger peut mettre en valeur sa Belle Gardoise. L’année 2024 a aussi été celle du semis, chez quinze agriculteurs gardois, de cinq variétés de blés « adaptés à notre terroir ; avec l’aide d’Arvalis, l’institut technique spécialisé », se félicite Christophe Hardy. De quoi obtenir 300 tonnes de farine La Belle Gardoise.

La filière s’est constituée autour du blé et de la farine

Restait la transformation : « On a choisi la baguette parce que c’est le produit le plus acheté, mais les boulangers qui le veulent peuvent utiliser cette farine pour fabriquer une autre forme de pain, et l’appeler “La Belle Gardoise”. Ce que nous lançons, c’est surtout une filière blé-farine-pain cent pour cent locale. » Pour les boulangers, la seule obligation est en effet l’utilisation de cette farine. Le Meilleur ouvrier de France Rodolph Couston, qui a conseillé les boulangers tout au long de la création de cette baguette, est venu conseiller une recette : chacun est libre de l’utiliser ou non.

Au moment d’en faire le bilan, Christophe Hardy se félicite de ce coup d’envoi, mais ne le cache pas : « Le plus dur ça a été de convaincre certains partenaires publics, parce que l’argent public se fait rare. On a aussi eu des discussions sur un partage de la valeur qui soit équitable entre les différents acteurs. »

Quant à l’avenir, Christophe Hardy l’imagine « radieux ». Objectif : 80 boulangers artisanaux fabriquant des pains la Belle Gardoise dans quatre à cinq ans, la réponse à tous les appels d’offres des collectivités locales (la filière cochant les cases de la loi dite Egalim*) et peut-être à terme, la vente de farine dans les supermarchés. Avec aussi, à horizon 2030, la production de 2000 tonnes de blé, soit presque sept fois plus qu’en 2025 !

* Loi du 30 octobre 2018 pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, de qualité, durable, accessible à tous et respectueuse du bien-être animal.

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